mardi 31 janvier 2012

Fertilité 9 : La FIV

Je commencerais par spécifier que nous n’avions pas prévu faire la FIV.  Nous ne désirions pas faire la FIV pour plusieurs raisons…

Parce que c’était trop lourd…
Parce que c’était trop cher…

Trop lourd hormonalement parlant pour moi…
Trop cher (environ 10 000 à 15 000$) pour si peu de résultat.

Entre invertir 10 000$ dans une FIV (écho, ponction, hormones, transfert…) qui peut fonctionner à environ 30% et investir autant d’argent (un peu plus) dans une adoption qui nous assure à 100% un enfant, la décision était rapide!  C'est une explication un peu simpliste de la FIV et de l'adoption, mais c'était ce qui se passait dans notre tête.

Et là, on n’y croyait plus, la gratuité est arrivée !  La gratuité couvre TOUS les traitements de procréation assistée, du simple traitement hormonal à la FIV.  Les médias ont beaucoup parlé de la FIV, mais très peu des IAC.  Il y a des couples qui, parce que les hormones étaient trop dispendieuses, ne faisaient pas d’IAC…

La gratuité ne signifie pas pour autant que le traitement est gratuit.  Ça l’est, à la clinique.  C'est-à-dire que tous les actes médicaux sont couverts.  Par contre, ça ne l’est pas sur le plan de la couverture des assurances.  L’assureur rembourse uniquement les hormones que la RAMQ rembourse, et ce, au pourcentage prévu par votre couverture.  Certaines hormones sont des médicaments d’exceptions (vous devez payer le total la facture, payer pour avoir le formulaire signé par votre médecin et attendre gentiment que l’assureur vous rembourse….  Et si vous avez besoin de la même hormone dans 3 mois, vous devez refaire le même processus si votre assureur a décidé que vous auriez besoin de cette hormone seulement pour les 3 prochains mois…  Parce que non, ce n'est pas votre médecin qui décide de la durée d'un traitement de fertilité, mais l'assureur!).  Par chance, tel que la loi le prescrit au Québec, après environ 950$ de dépensé par l’assuré, le reste doit être remboursé à 100% par l’assureur !

Donc, en hormone de tout genre, nous avons dépensé les 950$ et sorti pour environ 5000$ d’hormones.  Je m’excuse ici auprès de mes collègues de travail…  L’augmentation de nos assurances est, entre autre, causé par moi !

Mes hormones "P1/stimulation",
c'est-à-dire celles nécessaire jusqu'à la ponction

La gratuité, au niveau des FIV, couvre un nombre limité d’essaie par enfant.

  • Si Mme ovule naturellement, le processus se collera sur son cycle a elle, le couple a droit à 6 FIVn et un nombre illimité de transfert d’embryon congelé (TEC). C'est beaucoup moins difficile sur le plan hormonal. 
  • Si Mme n’ovule pas naturellement (mon cas), une stimulation est nécessaire.  Cette stimulation engendrera fort probablement plusieurs ovules et donc plusieurs embryons.  Dans ce cas de, le couple à droit à 3 FIVs par enfant et un nombre illimité de TEC.

Le TEC est vraiment plus facile et beaucoup moins lourd qu’une FIV.  Il demande beaucoup moins de rendez-vous en clinique.  Les TEC sont presque comme une IAC.  Ils sont plus fréquents dans le cas des FIVs pour les raisons évoquées plus haut.  C’est l’une des raisons pour laquelle le couple a moins d’essaies FIV.

Compliqué tout ça?   Pas tant que ça lorsqu’on comprend le fonctionnement et qu'on baigne dans cette poutine depuis plusieurs mois !

L’attente pour une FIV à ma clinique est d’environ 6-8 mois.  Ajoutez à cela les 5 mois où nous étions déjà en arrêt, avant notre inscription sur la liste d'attente FIV...  Le début de la stimulation débuta près de 1 an après la dernière IAC.

Voici donc le déroulement de notre FIVs...


Le parcours FIV imagée

1. Stimulation
Première étape stressante : Vais-je produire des ovules?  Seront-ils bons?  Pourront-ils être fécondés?

À partir du J3, j’ai débuté la stimulation ovarienne.

Mon cocktail était assez complet : Gonal-f et Repronex.  Tous les deux se prennent par injections abdominales. 

Le Gonal-f vient en stylo alors c’est assez simple.  Le seul inconvénient, c’est quand on est rendu à finir les fioles.  Pour avoir la dose totale on fait 2 injections abdominales.

Gonal -f / Internet

Le repronex, c’est autre chose !  On devient les expertes des mélanges. Et franchement, quand on prépare toutes ces injections, le soir, on se dit qu'on a vraiment l'air d'une "junkie".

Ma dose nécessitait une fiole de diluant et deux fioles de poudres : 
  • Viser le Q-Cap à la seringue
  • Prendre X ml de diluant avec la seringue ; 
  • Injecter le diluant dans la fiole de poudre #1 ; 
  • Mélanger doucement ; 
  • Reprendre le mélange dans la seringue ; 
  • Injecter le mélange diluant+poudre dans la fiole de poudre #2 ; 
  • Mélanger doucement ;
  • Reprendre le mélange dans la seringue ; 
  • Retirer le Q-Cap et mettre l'aiguille 
  • Nettoyer de site de l’injection ; 
  • Faire sortir l’air ; 
  • Attendre que l’aiguille soit complètement sèche (sinon ça brûle et fait un beau « spot » rouge brûlant);
  • Injecter !  
  • Répéter à tous les jours…  soit environ 10 jours !

Repronex / internet
Je vous rassure, l'aiguille était plus courte!

Les échos ovariennes ont débutés à partir du J9 si je me souviens bien.  Le but était de vérifier l’avancement de la production, de s’assurer que je n’avais pas de kystes et que je n’étais pas en hyperstimulation. 

Les échos se sont enchaînées à tous les 2 jours, accompagnées de prise de sang, jusqu’à ce que je sois prête pour la ponction.  J’étais une vraie poule.  Lors des échos, les médecins devaient faire un écho en 3D (le calcul se fait automatiquement, c'est-à-dire sans l'aide d'un humain), car ils n’étaient pas en mesure de tout calculer.  Je faisais un début d’hyperstimulation…  et j’avais pris prêt de 10lbs…  Le médecin comparait mes ovaires à de petits ballons… Lors de la dernière échographie, Dre L. m'a imprimé l'image de mon écho.  C'est impressionnant, non?

Ce n'est pas si évident que ça pour un oeil non avisé
Le cliché en bas à droite : un de mes ovaires avec tous ses follicules.
À l'écho, les follicules sont en couleur.

Vers le J10, j’ai débuté une autre hormone, à injecter aussi dans le ventre, l’orgalutran.  Cette hormone devait m’empêcher d’ovuler naturellement.

Orgalutran / Internet

Vers le J14, j’étais prête à la ponction.  Depuis le début des échos, il y avait une épée de Damoclès qui se balançait au-dessus de nos têtes.  Elle est tombée à la dernière échographie : dû à mon début d’hyperstimulation, il n’y aurait pas de transfert…  Le risque pour moi était trop grand.  Tous les embryons seraient donc congelés.

Nous attendions déjà depuis 1 an cette FIV...  UN AN SANS TRAITEMENT!!!  Et là, nous allions encore devoir attendre!  Au diable ma santé!  Je savais qu'un transfert était possible et qu'il n'y avait pas de risque pour l'embryon!    Mais on m'a ramené à l'ordre : "TA santé prime!"  Et on m'expliqua que le médicament que je prendrais, pour m'éviter de faire une hyperstimulation modérée ou sévère (qui peut mener à une hospitalisation), diminuait les chances de survie des embryons.


2. Ponction
Deuxième étape stressante : Combien d'ovules seront matures et pourront être fécondé?  Vais-je avoir mal? Et s'il n'y en a aucun?

La veille de la ponction, j’ai pris un Ativan pour bien dormir (prescrit par la clinique, je vous rassure).  Le matin de la pontion aussi.  La ponction peut être douloureuse.  La façon de faire est relativement simple.  Le gynéco entre une sonde échographique dans le vagin, suivi d’une longue aiguille et, tout en se guidant par échographie abdominale, traverse le col de l’utérus pour aller aspirer le contenu des follicules.   Vous comprenez sûrement mieux la raison des ativans.

Ponction
Désolé si ce n'est pas en français, je n'ai rien trouvé d'aussi explicatif...  

Pendant que je me préparais, Yvon est allé produire sont échantillons.  Il est venu me rejoindre dans la salle « d’opération ».

En salle « d’opération », on vous donne aussi un petit calmant par intra-veineuse.   Dans mon cas, j’avais eu tellement de prise de sang pour surveiller mon hyperstimulation que mes veines n’étaient plus « piquâbles »…  Le dernier recours : la veine du poignet.  L’infirmière a demandé à Yvon de serrer très fort ma main, car ça allait faire mal…  Une chance que j’étais sur les ativans…  parce que ça, ça a fait mal.

Au Québec, ils ne procèdent que très rarement a une anesthésie générale pour ce type d'interventions.  On vous "relax" chimiquement et procède à une anesthésie locale (col de l'utérus).

La ponction s’est bien déroulée.  Je n’ai quasiment rien senti à l’instar de bien d’autres femmes.  Au fur et à mesure que les ovules sont aspirés, l’embryologiste fait le décompte à haute voix.  De plus, il est possible de suivre la ponction sur moniteur.

Ensuite, en salle de réveil, j’ai dormi un peu (selon les dires de mon chéri parce que moi, je ne m’en souviens pas).  L’embryologiste est venu nous voir et nous a dit que sur les 40 follicules (c’est beaucoup hein, imaginez que chacun d'eux faisaient environ 2cm de largeur!), j’avais 20 ovules.  Le reste était en réalité des kystes…  D’où mon diagnostic d’ovaires polykystiques…  Puis, elle nous a expliqué que l’échantillon de monsieur n’était pas A1 et que, vu la qualité et la quantité, elle procéderait a une ICSI systématique pour tous les ovules récoltés.


La fécondation In Vitro
Troisième étape stressante : Combien se développeront?  Est-ce qu'il en restera pour le transfert?

Une ICSI, c’est une injection intra cytoplasmique d’un spermatozoïde (l’acronyme vient de l’anglais et on prononce les sons : Ic-Si).  Ce n'est pas une technique systématique comme les médias nous le laissent croire.  Généralement, des spermatozoïdes sont mis en éprouvettes avec un ovule et l'embryologiste les laisse faire leur travail seul, sans aide.

ICSI
Contrairement à ce que l'on croit, cette
technique n'est pas faite systématiquement

Après la ponction, nous sommes retournés tranquillement à la maison et j’ai pris quelques jours de congé.  J'avais plusieurs médicaments oraux à prendre, dont celui contre l'hyperstimulation.

Nous avons fait un arrêt à la pharmacie.  Pour la première fois, nous sommes allés à notre pharmacie locale pour un médicament prescrit en clinique de fertilité.  Nous nous disions qu'il n'y aurait pas de soucis puisque ce n'était pas une hormone.  ERREUR!  La pharmacienne refusait de nous donner ce médicament :
  • "Êtes-vous enceinte?"
  • "Non, je suis en FIV et j'ai eu une ponction des ovules ce matin!" répondis-je en me tenant le ventre parce que j'avais mal!
  • "Vous êtes sûre que vous ne pouvez pas être enceinte?"
  • "NON!  Je n'ai plus d'ovule dans mon corps!"
  • "Oui, mais vous savez, la dose normale pour ce médicament c'est un comprimé par semaine, votre médecin vous a prescrit 1 par jour pour 7 jours!"
  • "Je sais, c'est que je suis en hyperstimulation ovarienne légère..."
  • "Mais, vous êtes certaine que vous n'êtes pas enceinte?"
  • "Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans FIV et ponction?  Ils lui ont retiré TOUS ses ovules avec une grandes aiguilles il y a moins de 4 heures!  Elle ne PEUT PAS être enceinte!  Voulez-vous téléphoner à la clinique de fertilité pour qu'ils vous l'expliquent?" a fini par dire mon amoureux à bout de nerfs!

Elle nous a finalement donné le médicament et nous avons pris la décision de TOUJOURS retourner chez Lynn-Blouin pour tout ce qui se rapportait à la fertilité!  Même s'il fallait faire 1h00 de route dans le trafic sur Décarie et Métropolitain pour nous y rendre!

En plus de ce médicament, je devais boire 1.5L de gatorade (ou powerade,...) par jour!  Pour ceux qui aiment ça, je vous lève mon chapeau!  Mais je suis persuadée qu'après 5 jours intensif de gatorade, le coeur vous lèverait à vous aussi.  

Les électrolytes et le médicament ont fait effet.  Mon hyperstimulation s'est résorbée et je n'ai pas eu besoin d'être hospitalisé.

Pendant ce temps, l’embryologiste s'occupait de nos cocos.  Elle les surveillait, les encourageait et leur donnait l'amour que nous, nous transmettions à distance : "Allez les cocos, on a une belle maison, une belle famille, vous allez voyager en France, vous serez bien entouré!"  Bon ok, on a pas dit ça à l'embryologiste et elle n'a pas pu leur dire, mais nous le pensions très fort!

Elle nous a téléphoné à tous les jours suivants pour faire le suivi de leur développement…
  • 40 follicules...  20 ovules...
  • 20 ovules…  17 de matures…
  • 17 ICSI
  • 10 se sont développés (2 cellules)
  • 7 ont survécu et ont continué de se développer
  • Puis la veille de la congélation, 5 étaient encore vivants, dont 2 d'excellente qualité…
  • Le jour de la congélation (J3 pour des embryons d’environ 8 cellules), 2 étaient toujours vivants.
  • Les deux sont allés au congélo.

Le développement des embryons.
La 2e étape stressante : Va-t-il en avoir?!?

Nous avons repris rendez-vous avec notre médecin qui nous a inscrit sur la liste d’attente pour les TEC (et oui, on recommence l’attente !).  L’attente pour un TEC est d’environ 3-4 mois.  On pouvait espérer un TEC vers le mois d'octobre!

Puis, nous avons attendu !

J’en ai profité pour perdre les 15 lbs que j’avais pris en 2 semaines et demi et nous avons fait un voyage en famille à Topsail Island, aux États-Unis…

Mes pieds devant l'océan Atlantique!
Le repos nous a fait du bien!  Même si, 2 mois plus tard, mon corps évacuait encore les hormones (réaction allergique au soleil à Philadelphie), nous en avons grandement profité!
Merci à mon papa et ma maman qui nous ont invité dans la maison qu'ils avaient loué sur le bord de la plage!



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