vendredi 20 avril 2012

Fertilité 27 : Le conte de fée

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Il était une fois, un homme et une femme qui s'aimaient à la folie.  
Un jour, l'heureuse épouse proposa "Et si on faisait un bébé?"
L'époux, l'air songeur, demanda : "Tu crois qu'on est prêt, qu'on a les moyens financiers, qu'on pourra offrir une vie convenable à cet enfant?"
"Mais oui!  On devra se serrer la ceinture un peu...  mais tous les couples le font!" répondit-elle.
"À bien y penser, tu as raison!  Alors oui, faisons un bébé!"

L'heureux couple débuta les essaies dans le bonheur et dans l'allégresse!  Ils ne prirent aucun moyens pour augmenter leur fertilité.  Ils ont simplement arrêter d'utiliser tous les moyens pouvant empêcher la venu de cet enfant béni!

Le premier mois passa...  Puis un deuxième...  Et un troisième...

Note de l'auteur : Il faut bien qu'ils connaissent quelques difficultés.  Aucun conte de fée n'est parfaitement positif : Blanche-Neige mange la pomme, La Belle au bois dormant se pique le doigt, Cendrillon est l'esclave de sa belle-mère, Belle doit demeurer avec la Bête, Ariel se fait enlever la voix par Ursula et doit retourner au royaume de la mer...  

Le quatrième mois, l'heureux couple redoubla d'effort.  Le cycle de l'épouse étant bien connu, les jours furent comptés de façon à faire l'acte au moment opportun.

Et 15 jours plus tard....

L'heureuse épouse, ne pouvant pas attendre la venue de rosie, fit un test de grossesse...  Ce test la combla de bonheur!  Ils seraient parents dans 8 mois et quelques poussières!

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Ça, c'est la fin conte de fée!  La fin Walt Disney!  La fin qu'on raconte à tous les enfants.  "Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants..."  

D'autres aurons droit à un conte différent.   Un conte moins populaire, celui qu'on n'aimerait pas lire à nos enfants (sauf s'il finit bien) avec une fin du genre "Ils se marièrent et....  n'ont pas d'enfants... encore!"

Nous sommes de ceux à qui l'autre conte à été offert...  

Ce conte n'est pas intéressant... En tout cas, les rebondissements heureux sont rares et ils ne sont pas nécessairement ceux auxquels on s'attend! Pour nous, un heureux rebondissement c'est un dossier à jour, une belle réserve ovarienne ou un spermogramme un peu meilleur que les précédents! Seuls ceux vivant ce conte y reste attaché, de la même façon qu'il est possible de s'accrocher à un rêve aussi utopique soit-il!

Pourquoi je vous raconte tout ça?  Parce que dernièrement j'ai fait un constat!  J'ai réalisé que je voyais de moins en moins certains amis.  En fait, la liste de ceux-ci, depuis les 4 dernières années, a grandement diminuée.  Généralement, se sont ceux ayant eu des enfants qui se sont éloignés...  ou que j'ai éloigné, devrais-je dire!

Samedi dernier, chéri et moi étions invité à l'anniversaire d'une amie.  Une très bonne amie... Elle a deux enfants et, malgré tout, elle écoute, questionne et commente sans tomber dans les jugements.  Cette amie, je ne sais pas si elle le sait, est comme une bouée pour moi.  En fait, elle et son conjoint son comme un point de ravitaillement pendant un long rallye.  Ils nous font du bien.

Bref, à son party, j'ai réalisé que j'étais la seule nullipare (ou presque...  il y avait une fille enceinte et une autre, pour laquelle je ne suis plus certaine...).  Mais bon, j'étais en minorité!  Malgré tout, je ne me sentais pas en pays étranger.

J'ai beaucoup parlé avec une de ses amies.  Cette fille a, dans son parcours de vie, fait un don d'ovule.  Elle a traversé physiquement ce que nous traversons.  Elle a vécu les injections, les échos, les absences du boulot, etc...  Elle a entrevu notre réalité (et n'a même pas reçu de reconnaissance de la receveuse!).  Elle comprenait ma langue, elle n'était pas mal à l'aise face à mes propos!  Ça m'a fait du bien de parler de mon infertilité avec elle.  Ne vous inquiétez pas, on a aussi parlé d'autre chose.  Nous avons d'autres points en commun qui nous ont rapprochés.

Malgré tout, j'ai aussi vu la réaction des autres...  Intéressés au début, puis quittant la discussion tranquillement.  C'est normal!  Surtout quand on sait que, lorsque j'en parle, j'en parle beaucoup!  Et puis, on était dans un party, pas dans une thérapie ou une conférence!  Mais reste que j'ai vu le malaise de certaines filles.

Ça m'a rappeler que le malheur, ça pue!  Mon histoire renvoie au visage de certaines personnes que ça aurait pu leur arriver.  Ça peut aussi ouvrir de vieilles blessures pouvant encore être douloureuses! En tout cas, c'est déprimant pour les gens heureux!

Ne sachant pas trop comment gérer tout ça, les gens sont maladroits.  Et moi aussi.  Je veux m'éviter certaines remarques plates, alors je "garoche" à qui veut l'entendre les raisons de mon infertilité et les traitements déjà effectués.  De quoi refroidir une ambiance...  De quoi faire fuir les quelques intéressés!  Note à moi-même : Gardes toi une petite gêne!

La soirée s'est très bien déroulée.  Je n'ai eu aucune blague plate, bien au contraire!  Aucun "Ne vous inquiétez pas, vous l'aurez votre enfant!".  WOW!!!  Mon amie a de très bons amis.

Sur le chemin du retour, je me suis remémorée quelques situations vécues, moins agréables...  Par exemple, l'été dernier, lors d'un souper avec des amis, on me demanda où j'en étais dans mes traitements (j'avais vraiment fait attention à ne pas monopoliser les discussions en parlant moi, j'avais participer aux discussions bébés).  Heureuse de pouvoir m’épancher un peu sur mon cas, je débuta mon récit, version abrégée, jusqu'à ce que je me rende compte que personne ne m'écoutait, sauf mon chéri...  Les discussions autour de leurs enfants ayant déjà repris...

Je n'en veux pas à mes amis, bien au contraire.  Ils vivent une autre réalité, celle de parents.  Ma situation peut les rendre mal-à-l'aise...  Je suis possiblement la première personne qui en parle seule personne infertile dans leur entourage. Je parle de choses intimes pour la majorité des gens.  Certains mots qu'on prononcent généralement avec gène, je les prononce sans rougir, un peu comme si je parlais de la météo!  Et puis, le malheur et le bonheur ne font pas bon ménage, généralement...  Ils partagent difficilement le même terrain.  Le bonheur est plus intéressant...  Le malheur trop déprimant!

D'autres amis se sont éloignés d'eux-même...  Je pense à quelques personnes qui, elles aussi, vivaient des difficultés X, Y ou Z dans leur vie...  Il faut savoir que le malheur ne cohabite pas avec un autre malheur.  Il y a des exceptions, bien entendu.  Deux personnes vivant un malheur similaire ou ayant été sensibilisés au malheur de l'autre se rapprochent...  Elles se comprennent!

Reste que je sais que, généralement, le malheur pue...  Mais, du même coup, il nous rend service.  Seuls les vrais amis restent...  même si ces amis vivent LE conte de fée!

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Aux amis qui restent : Merci énormément!

5 commentaires:

  1. Un bel éloge à eux...ce sont des gens ayant les bonnes valeurs.Vous êtes privilégié de les avoir dans votre vie et eux aussi le sont de vous avoir car je suis certaine qu'ils grandissent dans leurs valeurs à votre contact.

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  2. C'est clair que la malheur pue mais permet de faire le "ménage" et de trouver des "vraies" amies ;-)

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    1. Il faut bien trouver du positif à tout ça, non?

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  3. Bonjour, de passage sur ton blog que je découvre ! Tu as bien raison et bien exprimé tout cela, notre infertilité, notre souffrance nous éloigne des autres, par notre fait (ne pas s'imposer de souffrances en fréquentant trop de jolies petites familles avec qui on est forcément en décalage) et par le fait des autres qui ne savent pas quoi faire/dire, ne sont pas intéressés par notre quotidien de piqûres, de larmes et de douleurs... C'est pour cela que j'ai personnellement trouvé bcp de réconfort dans la communauté des PMettes que j'ai rencontré sur la toile et par mail ou en vrai. Je te souhaite une suite de ponction réussie... Apo

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    1. Bonjour!
      Moi aussi j'ai trouvé plus de réconfort auprès des gens vivant le même parcours que moi. Au début, je fréquentais un forum de discussion. Maintenant, je préfère les blogs. Ça correspond plus à mes besoins. :o)

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