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vendredi 1 août 2014

La réflexion

Depuis déjà quelques temps nous tergiversons autour d'un futur retour en clinique de fertilité.

D'un côté comme de l'autre (plus du mien,  je dois l'avouer), l'envie d'avoir un 2e enfant commence à poindre.  Je commence à envisager à replonger dans le bain PMA, mais la question demeure entière : QUAND???

Nous essayons de ne pas plier face à la pression sociale.  On est dans une vague bébé présentement et plusieurs couples de notre connaissances (en pma) reprennent tranquillement les traitements (avec un enfant plus jeune que Charlotte).

D'un côté, nous ne sommes pas pressés.  On profite de tout ce qui passe avec Charlotte. De l'autre, on ne sait pas combien de temps on mettra pour concevoir ce 2e enfant, ni même si on réussira...

Il y a aussi le boulot...  J'ai décroché un intérim que j'aime bien.  Ma vie tourne autour de ma famille et de mon boulot.  OUT la pma!  Mon intérim devrait prendre fin à la mi-2015 et je ne serais pas retirée si je devais être enceinte.  Ça entre donc dans nos calculs...

Il y a aussi les annonces du gouvernement actuel qui nous mettent la pression.  Rien n'est clair. Aucune annonce officielle n'a été faite (annonces prévues pour l'automne), mais de nombreuses rumeurs courts (dont 3 traitements payés pour 1 seul enfant; pas de couverture pour bébé 2).  Notre crainte est de devoir payer entièrement (suivi médical et hormones)...  À notre clinique, un TEC non-couvert coûte 2000$.  Ça n'inclue pas les hormones...  On n'a pas cet argent.  Tout est dit!

Alors, même si on ne veut pas écouter les rumeurs, on craint de se retrouver face à un mur.

Bref, nous sommes en réflexion.  Pour nous aider à y voir plus clair, nous avons sollicité l'aide de Dre B. (celle nous suivait à la clinique).  Un rdv est prévu pour le début de l'automne.  Elle est franche et transparente.  Même si elle n'a pas plus de réponses, nous savons qu'elle nous accompagnera dans notre réflexion.

Je vous ferai part de notre décision le moment venu!  Je vous avouerai, toutefois, que nous tenterons de pas trop ébruiter les choses parce qu'on aimerait faire un bébé un peu comme le font les couples fertiles, sans pleins de spectateurs qui attendent votre retour de la clinique pour vous demander "Pis?  Vous en êtes où?"

En attendant, je vous partage un photo expliquant (un peu) mon absence sur le blog...

Avant le déjeuner, Charlotte encore en pyjama.
Un journée qui s'annonce pluvieuse, malheureusement.


lundi 26 mai 2014

Emploi et PMA

Fut une époque, j'avais un bon boulot dans le réseau de la santé.  Mon équipe m'estimait et j'étais appréciée de mes clients...  Puis, un jour tout à changé.  Ma priorité dans la vie n'était pas de progresser professionnellement, ni même d'être parfaitement heureuse au boulot.  Ma priorité était de concevoir un bébé!

D'ailleurs, je n'étais plus heureuse au boulot...  Je n'étais pas heureuse nul part!  L'infertilité avait décidé de me collé à la peau et d'investir mes pensées.  24hrs / 24...  7j/7...  Même les jours fériés ou pendant les vacances.

J'y pensais tout le temps.  Tout m'y ramenait! Ça m'obsédait!

Alors, un jour, après plusieurs tergiversation avec mon conjoint, j'ai décidé de prendre une année sans solde à mon boulot pour me concentrer sur mon projet de vie et notre projet de couple!  Je remercie d'ailleurs mes parents qui m'ont accueilli à bras ouvert dans l'entreprise familiale.

Petite parenthèse, je ne fais pas exception à la règle. Plusieurs personnes souffrant d'infertilité cherchent à s'accomplir ou à vivre un changement.  Plusieurs quitteront leur boulot.  Plusieurs changeront de domaine.

Dernièrement, j'ai dû expliquer à plusieurs reprises la raison de mon sans-solde et de ma démission (parce que mon sans-solde s'est soldé par une démission).  Je venais de postuler sur un remplacement dans le même domaine (toujours au public). 

J'ai pris la décision de ne pas cacher la vérité, de ne pas taire les motivations derrières mes décisions.  Premièrement, parce que je ne veux pas me cacher et faire en sorte que l'histoire de Charlotte soit tabou!  Deuxièmement, parce que je considère que l'infertilité n'est pas une honte! Finalement, parce que je suis très à l'aise avec mon parcours et que je l'assume à 100%.

À chaque fois que j'abordais l'infertilité, je sentais les gens se tendre un peu.  À chaque fois j'ai dû préciser que si j'en parlais aussi ouvertement, c'était que je le voulais bien!

À l'entrevue, j'ai aussi eu à compléter un questionnaire médical.  Si j'avais voulu cacher mon parcours, il aurait ressurgit à cet endroit.  Certes, il serait rester confidentiel au niveau RH, mais j'aurais eu à l'aborder.  Comment expliquer une hystéroscopie?  et mon trouble de l'adaptation (dépression)?

Mon parcours ne m'a pas nuit.  Je travaille dans un domaine majoritairement de femmes, dans le réseau public.  C'est donc mieux encadrer et il est difficile de ne pas sélectionner un individu en lien avec autre chose que ses compétences.

Aujourd'hui, je devais passer un examen médical de pré-embauche.  Oui, j'ai eu l'emploi!  Encore une fois j'ai eu à réexpliquer!  Tout s'est bien déroulé...  Jusqu'à ce que je le reprenne sur une note qu'il était en train de prendre "Non, je ne suis pas SOPK, mais OPK...  On pourrait dire que j'ai des ovaires à tendance polykystiques...  Le syndrome est plus grave...  Il compte plus de symptômes..."  Là, j'ai perdu le Dr je crois!  C'était un médecin hyper sympathique...  Mais il a parlé comme quelqu'un qui s'y connaît peu en infertilité et, c'est là qu'il m'a perdu.

Il m'a simplement dit qu'il connaissait une femme qui a des OPK qui a vécu 2 ou 3 grossesses dans les dernières années. 

Ce n'était pas méchant! C'était, comme pour tous les autres, une façon de me donner espoir (il n'avait pas compris que j'avais une petite fille). 

Ça m'a fait un petit pincement.  Parce que j'ai eu l'impression qu'on minimisait mon parcours...  Parce que j'ai eu l'impression qu'on sous-entendait que mon histoire et celle de l'autre femme était pareil...  Parce que j'entendais que ça marche pour les autres, mais pas pour moi!

Pourtant, j'ai ma fille!  Pourtant, je ne suis pas en essais!  Pourtant! 

Finalement, l'infertilité a gardé une certaine emprise sur moi.  Elle ne m'a pas complètement lâchée!  Et vous savez quoi?  C'est bien ainsi!

Bref, j'aimerais croire que l'infertilité n'est pas tabou...  J'aimerais croire que les employeurs accommodent facilement les personnes en traitement...  J'aimerais croire en plein de choses...  Mais je suis réaliste!  Je prends des risques en parlant de mon parcours si ouvertement.  Je sais que je suis chanceuse et que tous n'ont pas cette chance.  Je sais aussi que pour plusieurs l'infertilité est et restera un sujet sensible, voire douloureux!

Je suis d'avis qu'il faut se respecter et écouter notre petite voix intérieure.  Elle a souvent raison.

mercredi 21 mai 2014

"CE" genre-là

Je ne me considère pas comme une excentrique.
Je ne suis pas une grano, ni une hippie.

Je vis simplement en respectant mes valeurs et mes croyances.

Dernièrement, je lisais ce billet.  Avec mon mari, on a fait le constat que nous étions "CE" genre-là.  J'allaite encore ma fille d'un an, nous l'a mettons parfois en portage, nous utilisons les couches lavables, nous sommes pour l'éducation non-violente et nous avons fais la diversification à la demande.

Mes choix ont été grandement influencés par l'éducation que j'ai reçue de mes parents, les gens qui m'entourent et la culture québécoise.  Ce dernier élément joue pour beaucoup. (26% de mamans québécoises allaitent exclusivement pendant les six premiers mois et la fessée est très mal vue).

Alors que j'étais enceinte, une personne de mon entourage avait utilisé textuellement cette expression en nous disant, à mon conjoint et moi, qu'elle espérait que nous ne soyons pas le genre de parents qui en feraient trop.  Cette personne a ensuite parler de la nourriture (bio), des savons, etc. Elle insinuait que c'était perte de temps et d'énergie...

Je n'y avais pas trop porté attention. J'avais balayé tout ça du revers de la main en me disant que nous ferions bien comme il nous plaît.  Mais cette discussion est restée dans ma tête... Et j'y repense à chaque fois que je l'a vois.

Force est de constater qu'on a fait exactement ce que redoutais cette personne. J'essaie d'acheter mes fruits et légumes bio (lorsqu'il ne sont pas plantés et cultivés par mes petites mains) pour les 10 premiers (minimalement) de ce classement. Je n'en fais pas une fixation, par contre!  Je n'empêcherai pas ma fille d'en manger ailleurs (comme à la garderie, par exemple) parce qu'ils ne sont pas bio, entendons-nous!

J'opte aussi pour des savons exempts de perturbateurs endocriniens.  Pour nous et pour Charlotte.  Idem pour la lotion solaire.  Je suis un peu plus pointilleuse.  Je n'aime pas savoir qu'on applique des crèmes sur la peau de ma fille qui n'ont pas passé par mon scan. Surtout qu'en bas de 2 ans, la peau est plus sensible...

J'essaie, autant que possible, d'acheter les vêtements de Charlotte de seconde main . Pour mes finances, surtout!  Mais aussi parce que l'impact environnemental des vêtements neufs est majeur! 50% de ses vêtements doivent être de seconde main à l'heure actuelle.

Généralement, quand on achète un vêtement neuf, il a déjà fait le tour du monde...
Les textiles viennent d'un pays, sa confection est effectuée dans un 2e pays
(quand elle n'est pas faite à plusieurs endroits), et il est vendu dans un 3e pays...

Et de façon plus large, je composte, je fais mes propres produits ménagés (bon, là-dessus, il y a eu relâchement...  je dois l'avouer!), j'achète les détergents pour la lessive dans des boutiques spécialisées (ça aussi, il y a eu un relâchement), on a diminué considérablement la quantité de viande que nous consommons (mais on est loin d'être végétarien!! On mange encore du fast-food hahaha), etc.

Ma fille vit dans la banlieue d'une grande ville, je ne peux pas la protéger contre tout!  Je ne peux pas non plus éliminer complètement tous les risques d'exposition, mais je peux faire ce qui est en mon pouvoir pour diminuer ce qui peut être diminué.

Par contre, je n'essaie de convertir mon entourage et, surtout, je ne juge pas ceux qui ne font pas comme moi.  Je comprends et j'accepte les différences.  Et puis, faut l'avouer, c'est tellement plus simple et plus rapide d'aller à la pharmacie ou dans une grande surface et de prendre le premier produit qui nous tombe sous la main sans se questionner... C'est surtout moins dispendieux (sauf pour les friperies!)...

Alors, oui!  Je suis ce genre-là! Traitez moi de grano, de hippies ou de baba cool si vous voulez!  L'important, pour moi, c'est d'être bien avec mes décisions!  Et je le suis!

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mardi 15 avril 2014

Primipare et infertile

Être parent et infertile, pour plusieurs, ça ne fonctionne pas. Avoir eu un enfant signifie que tu n'es pas (plus?) infertile ou, en tout cas, que tu n'es pas une vraie infertile!

Infertilité = nulliparité!
Tout le monde sait ça voyons!

Avec la naissance de Charlotte, les questions "Vous en voulez plusieurs?" (question polie) et  "Le prochain, il est pour quand?" (question pas mal moins polie!) sont apparues.  Plus les mois passent, plus elles sont récurrentes et fréquentes!

Quand on dit qu'on est pas certain, qu'on y réfléchit, ça engendre des questionnements et, selon la réponse, on a droit à des regards d'incompréhension ou, carrément, d'exaspération.

Les commentaires les plus fréquents...

"Vous n'y pensez pas! Un seul enfant! Vous allez en faire une enfant gâtée!"
Ouin, pis? Elle peut être gâtée et bien élevée! Non?

"C'est mieux si elle a un frère ou une sœur! Elle ne sera pas seule!"
Seule?  On est là, non?  Et nos familles aussi!  Et puis, elle aura des amies en vieillissant, non?

"Vous avez mis tellement d'effort pour le premier!  Maintenant que la recette gagnante est connue, ça va se faire les doigts dans le nez!"
S'il y a quelque chose que la PMA m'a apprise c'est que la recette gagnante du cycle X, n'est pas nécessairement celle du cycle Y.  Il y a autant de recette gagnante qu'il y a de patientes et de cycles!

"Maintenant que tu as eu un enfant, ton corps sait comment faire!  Tu vas sûrement tomber enceinte naturellement!"
Et l'infertilité de mon mari?  Ma grossesse l'a réglée?

Au milieu de tout ça, l'intimité et le choix personnel semblent des concepts bien abstraits!

Ça me dérange particulièrement quand ces phrases proviennent d'individus connaissant notre parcours.  Encore plus quant ça vient de personnes infertiles. Comme si, lorsqu'on a réussi à se reproduire, notre progéniture, aussitôt sortie, vient tout effacer. Comme si instantanément, la douleur physique et psychologique qu'engendre l'infertilité et la pma disparaissaient! Comme si on oubliait tout (je l'entends souvent celle-là, même Marie-Soleil Michon l'a dit dans son entrevue à TLMEP...).  Oui, c'est vrai, on en parle moins, on essaie même d'éviter le sujet...  En fait, on tente d'occulter cette douleur qui est en opposition avec le grand bonheur que nous vivons.  Mais oublier?  JAMAIS!  En tout cas, pas les grandes lignes.

Quand j'envisage un 2e enfant c'est à ça que je pense justement...  Je pense aux injections, au déséquilibre hormonal, aux sauts d'humeur, aux bouffées de chaleur, à la prise de poids, aux rdvs à la clinique à l'autre bout de Montréal, à la colère et à la tristesse accompagnant l'échec, à la fébrilité post-transfert...  À l'espoir...  Au désespoir...

Je sais que ça en vaut la peine, je l'ai sous les yeux à tous les jours.  Mais la question demeure...  Est-ce que le désir d'un 2e enfant est plus grand, plus fort que tous ces éléments réunis?

La réponse, dans notre cas, est oui!  Surtout que nous n'aurons pas (on croise les doigts) a refaire tout le processus puisque nous avons 5 petits flocons nous attendant patiemment sur la banquise.  Nous sommes chanceux, nous le savons! Mais je ne peux m'empêcher de penser aux autres, à ceux qui doivent refaire tout le processus...

Quand retournerons-nous à la clinique? On ne s'entend pas là-dessus!  L'un veut attendre, l'autre non... Et puis, on aimerait faire ça en tout intimité...  sans que personne ne le sache... On en rêve même si on sait que c'est techniquement impossible!

Bref, le jugement, la désinformation et le manque de tact reste et restera...


mercredi 2 avril 2014

Poisson d'avril et infertilité

Il  y a bien longtemps, j'étais innocente sur le plan de la fertilité.  Innocente dans le sens où je ne m'en faisais pas avec ça et où je ne pensais pas du tout aux personnes infertiles.  J'étais même à miles lieux de penser que j'en avais dans mon entourage (autre que mon oncle et ma tante qui ont adopté!).

Je vous rassure, je n'ai jamais annoncé sur ma page fb que j'étais enceinte un 1er avril.  Mais oui... J'ai déjà participé à un poisson d'avril de groupe sur ce sujet.  Je travaille dans un domaine de femmes...  Souvent du même âge que moi!  Pour résumé, plusieurs de mes collègues et moi avons annoncé à notre patron du moment que nous étions enceinte (toutes avec un délais plus ou moins important dans la journée).  C'est avec la dernière (âgée de plus de 50 ans et la 6 ou 7e du lot) qu'il a allumé.  Bref, on avait bien ri. J'étais à miles lieux d'imaginer que je n'aurais pas été en mesure de participer à la même blague quelques années plus tard et que, par dessus tout, je l'aurais trouvé de mauvais goût.

De mauvais goût... Parce que j'étais en douleur.

Parce que c'est exactement ça.  Annoncer une grossesse est une bonne nouvelle.  Ça nous fait mal, à nous infertiles, parce que c'est un sujet sensible et douloureux pour nous. Si nous n'étions pas infertiles, on ne ferait pas de cas de cette blague.

D'un côté je me dis que les personnes fertiles n'ont pas à tout changer dans leurs façons de faire à cause de nous.  Ils doivent faire attention à leurs commentaires et à leurs conseils, mais ils n'ont pas à arrêter de vivre parce que nous sommes infertiles.  Parce que, à ce compte-là, il n'y aurait pas d'humour dans la mesure où tout peu offusquer un groupe de personne.

Puis, de l'autre côté, je me dis que de faire une blague à propos d'une grossesse, c'est moyen.  Que ça manque de considération pour celles qui galèrent ou, pire, qui ont perdu un bébé.

Source : http://carlymarieprojectheal.com/

Personne sur mon fb n'a fait ce genre de poisson d'avril hier.

J'ai eu pire!

Une de mes "amies" a annoncé qu'elle venait d'apprendre qu'elle était ménopausée! Elle a 34 ou 35 ans.. Tout le monde en revenait pas!  Entre le "À ton âge, c'est pas possible!", le "Ben voyons donc! Ça s'peut pas", le "Les médecins se trompent bien souvent!" et le "Je vais devoir vraiment t’appeler matante!"...  J'étais sidérée!

Elle ne sait sûrement pas (et ses amis aussi) qu'on peut être ménopausée début trentaine...
Elle ne sait sûrement pas à quel point ça peut réellement être un choc pour une femme...  Encore moins quand ta famille n'est pas finie (contrairement à elle)... ou pas commencée...
La personne ayant écrit que les médecins se trompent souvent ne sait sûrement pas qu'on peut mesurer le taux d'amh et que ce taux est un bon indicateur de la ménopause.

La ménopause n'est pas une "maladie".  En tout cas, ça ne l'est pas quand on arrive à un âge normal pour l'être...  Mais c'est un mur!  Un mur dont plusieurs femmes qui ont son âge frappe.

Quand j'ai lu son statut, je n'ai pas pensé que ça pouvait être un poisson d'avril.  J'ai eu envie de lui répondre, de lui référer des blogues ou des lectures.  Puis, quand j'ai compris, j'ai eu envie de l'envoyer bouler!  Je me suis retenue.  Ce n'est pas quelqu'un de proche.  Elle ne pensait certainement pas mal faire... Et puis, fb reste un lieu relativement superficielle...

Mais j'aurais bien aimé lui faire la leçon... Ça me démange même!

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samedi 22 mars 2014

La fois où j'ai essayé trop longtemps d'être forte - Partie 1

J'aime beaucoup Jonathan Roberge.  J'aime beaucoup les textes qu'ils signent dans Urbania.  Hier, vendredi, il a récidivé avec "Tomber dans le rack à pastille".

J'avais vu le texte passer hier matin, mais j'ai manqué de temps pour le lire...  Puis j'ai oublié jusqu'à ce que je vois 1, puis 2, puis 3 contacts le publier sur leur fb avec la mention "À lire!". J'ai donc obéi!

Ceux qui ont déjà fait une crise de panique se reconnaîtront...  et ceux qui, comme moi, ont fait une dépression se reconnaîtront aussi.

C'est fait, je l'ai dit, j'ai fais une dépression.

Je me suis battue contre ce diagnostic que je jugeais inexacte.  Je préférais le "trouble de l'adaptation" que le 1er médecin m'avait donné. L'étiquette était moins grosse!

C'était il y a 4 ans et demi.  Fin octobre plus précisément.  Je me souviens qu'on était dans les décorations d'Halloween au bureau.

Fin 2009 donc...

2 ans et demi après les débuts de nos essais. Cette année-là nous nous baladions d'un médecin à l'autre, nous avons fait tous les tests diagnostics et dépensé plusieurs centaines de dollars (la programme de gratuité n'existait pas encore).  Je me souviens avoir pleuré dans le bureau d'une collègue après m'être fait dire par la secrétaire de la première gynéco que nous n'étions pas prioritaires et qu'on m'appellerait en cas d'annulation ou d'ici d'un ou deux ans maximum (!!!).  Nous avions fait tous les tests.  Nous voulions les résultats.  Nous avons donc changé de médecin et en septembre un 2e gynéco nous annonçait nos diagnostics...

C'était en plein pendant la faillite de l'entreprise familiale. Ma mère, mon père, mon conjoint, mon frère y travaillaient.  J'étais stressée...  Très stressée!  Mais je n'en parlais pas.  On nous donnait peu de détails... On savait uniquement que ça n'allait pas. Et puis, je n'avais pas le droit d'être aussi affectée dans la mesure où moi je ne risquais pas de perdre mon emploi, que ce n'était pas mes économies, ni ma retraite...

C'était aussi au paroxysme des conflits familiaux avec ma belle-famille.  Ma belle-maman n'allait pas bien depuis quelques années, ce n'était pas de sa faute, la maladie avait cogné à sa porte. Des paroles blessantes envers nous ont été dites, certaines personnes s'en sont mêlées et nous ont fait des reproches... Je répétais à chéri que nous devions être indulgents.  La maladie peut faire beaucoup de mal.  Autant à la personne qui est atteinte qu'à l'entourage.  Il y a toujours deux côtés à la médaille, deux versions subjectives...  Et la distance, malgré ce que plusieurs peuvent croire, n'aide en rien.  Elle donne souvent des munitions tout en nous rendant très impuissant. Mais la dispute et moi, ça fait deux... surtout quand c'est sur du long terme.

Finalement, mon remplacement comme conseillère à l'intervention (CI) s'achevait et on me renvoyait sur ma chaise d'éducatrice.  Nouvelle clientèle (j'avais obtenu un poste en déficience intellectuelle à l'adulte (âgée!) alors que je travaillais en trouble envahissant du développement (et un peu en déficience intellectuelle) à l'enfance. Nouvelle équipe. Mandat et attentes de ma nouvelle patronne plus gros que celui d'une éducatrice puisque j'étais CI (elle me l'avait dit textuellement!).

Ajoutez à ça la température de plus en plus froide et de plus en plus grise venant avec l'automne... Vous avez le cocktail gagnant pour une dégringolades en règles.

Tous pris séparément, j'aurais sûrement très bien géré!  Mais l'accumulation pendant des mois, voire des années...  Bonjour les dégâts.

C'est le changement de poste qui m'a achevé.  Ou les diagnostics d'infertilité.  Je ne sais pas.

Je me souviens avoir essayé de me rendre à une rencontre scolaire pour le boulot et de n'y être jamais arrivé...

Je me souviens de 2 collègues me disant d'aller consulter parce que je pleurais au travail et parce que je répétais sans cesse être épuisée...

Je me souviens de mon mari m'obligeant à aller voire le médecin...  Je lui avais dis la veille que je n'étais pas suicidaire, mais que je me demandais à qui je manquerais si je n'étais plus là...  Pour être officiellement suicidaire, il faut que certains éléments du plan ou COQ (Comment, Où et Quand) se mettent en place.  Ce n'était pas mon cas, mais j'étais en bonne (ou mauvaise) voie!

Je me souviens de me rendre à la clinique à 6h00 am pour passer vers 8h30-9h00.

Je me souviens de me dire que j'essayais seulement de me trouver des excuses pour ne pas aller au boulot...

Je me souviens de m'être mise à pleurer quand le médecin à demandé "Qu'est-ce qui vous amène ici aujourd'hui?"

Je me souviens avoir ri, puis avoir été en colère à la question de mon employeur (département RH - l'infirmière qui analyse les arrêts de travail / c'est une grosse boite gouvernementale!) "C'est le travail ou votre vie personnelle qui est la cause de votre trouble de l'adaptation?"...  Comme si c'était si simple!

Puis je ne me souviens plus de rien...  Je me suis réveillée 1 mois plus tard...  J'ai commencé à aller mieux.

Les gens me dérangeaient avec leurs commentaires, leurs positivismes, leurs banalisations, leurs présences... Je n'ai pas vu mes amis. J'ai cessé d'aller dans les soupers de famille. Ça parlait boulot, ça parlait chicane, ça parlait de choses que normalement j'aurais pu gérer, mais que là, non.

Je me suis tapie dans ma maison, j'ai parlé au téléphone avec ma belle-soeur (elle téléphonait à chaque semaine pour prendre de mes nouvelles) et j'ai dormi...

Puis, quand ça a commencé à aller mieux, j'ai regardé la télé et cuisiné!

Je me souviens avoir eu la remarque par plusieurs que j'étais chanceuse de pouvoir être en arrêt, que ce n'était pas tout le monde qui pouvait se le permettre...  Sauf que...  Sauf que ce n'était pas une option!  Continuer, persévérer, "être forte" un peu plus longtemps c'était impossible! Comme Roberge le dit si bien
"Du jour au lendemain, c’était l’équivalent d’avoir été drogué à mon insu. Mon cerveau avait fait un shutdown et une mise à jour s’effectuait entre mes 2 oreilles." 
J'étais chanceuse d'avoir une assurance-maladie au travail et de recevoir une paie (amputée certes, mais une paie!).  Mais le fait d'être arrêtée n'était ni une option, ni un choix. Paie ou pas, je serais restée à la maison, au fond de mon lit...  Ou peut-être que j'aurais continué...  Et j'aurais dû être hospitalisé...  ou pire!  Dans tous les cas, mon corps et ma tête n'aurait pas survécu plus longtemps.

La dépression, ce n'est pas une grande déprime ou une grande fatigue où on est capable de se remonter les manches et foncer!

La dépression est une maladie résultant d'une déséquilibre neurochimique...
"Tu ne peux pas demander à quelqu’un qui a une bronchite d’arrêter de tousser. Tu ne peux pas demander à quelqu’un d’arrêter une dépression. Ce n’est pas une déprime, c’est le cerveau qui bug!"
C'est une maladie mentale qu'il faut prendre au sérieux!



mardi 11 mars 2014

Tu sais que tu es infertile...

Tu sais que tu es infertile quand ...

Une discussion avec ton mari concernant la chambre d'ami pièce qui sert de débarras de la maison comporte autant de "SI" concernant un 2e enfant...  Et que ces "SI" ne portent même pas sur la décision d'avoir un 2e enfant!
Si on a pas de 2e enfant, se sera la chambre de Charlotte...  C'est plus grand...
Mais si on a un 2e enfant aussi, non?
Oui, mais si on a pas de 2e enfant, on pourrait aussi lui faire une belle salle de jeu!  

Une discussion autour d'un lit vu chez Ikea comporte aussi beaucoup de "SI"...
On lui achètera ça comme lit!  C'est super!
Oui...  Mais si on a un 2e enfant, le 2e enfant prendra son lit et elle, elle sera possiblement trop jeune pour avoir ça comme lit (un lit à étage). 
Bien vu!  Alors si on a un 2e enfant et qu'elle est trop jeune, on pourrait opter pour ça! 

Tu commences à peser les pour et les contre de l'allaitement...
Pour faire un TEC, je dois arrêter d'allaiter...  Mais si aucun TEC ne fonctionne, j'aurai arrêté d'allaiter pour rien!  Sauf que j'aimerais que nos enfants n'aient pas trop d'années de différences... Mais, ça m'arrange bien l'allaitement la nuit surtout qu'on soupçonne les terreurs nocturnes pour Charlotte et que c'est la seule chose qui la calme...  Mais, pour faire un TEC, faut que j'arrête l'allaitement... 

Tu sais qu'en disant...
 Sauf que j'aimerais que nos enfants n'aient pas trop d'années de différences...
Tu dis une ânerie!  Qu'un bébé, ça ne se fait pas en claquant des doigts!  En tout cas, pas sous ton toit!

Tu commences à entrevoir les possibles échecs qu'un ou plusieurs TEC pourraient t'apporter et que tu te dis que t'as pas envie de revivre ça. Alors tu repousses la prise de rendez-vous à la clinique pour la mise à jour des dossiers...  Mais, il faudra bien faire le saut si tu veux un 2e enfant...

Et pendant ce temps-là, une de tes contacts fb annonce sa grossesse surprise... La même qui a réussi à accoucher de 2 enfants la même année (non, ce ne sont pas des jumeaux! Un en janvier et l'autre en novembre ou décembre)...  Mais ça, faut pas y penser!  C'est pas la même réalité et ça fait mal pour rien! J'envie sa fertilité...  Y'a pas à dire!


jeudi 27 février 2014

Poids, infertilité et PMA

Tout est inter-relié, n'est-ce pas?

Plusieurs cliniques (au Québec en tout cas), exigent un IMC en dessous de 35.  Un bon poids augmente les chances d'accroche et diminue les risques de fausses couches.  Ça, on le sait.

Les ovaires polykystiques n'aident en rien à l'obtention d'un poids santé.  C'est d'ailleurs l'un des symptômes. Quand on a des opk,  les médecins nous encouragent fortement à perdre du poids.  Étant sur la limite entre le surpoids et l'obésité, mon médecin ne m'a jamais cassé les pieds avec ça!  Tant mieux! Parce que ça n'a pas été faute d'essayer...

Quand j'ai arrêté la pilule, j'ai pris 10 lbs environ et les traitements ont fait le reste (30 lbs).  J'ai bien tenté d'en perdre un peu en court de parcours, mais malgré l'entrainement 3 à 4 fois semaines, le calcul de calories et WW, je n'ai jamais réussi à perdre plus de 10 lbs!  Le metformin n'a pas créé chez moi de perte de poids...  Je l'espérais, mais il n'en fut pas ainsi!  Par contre, j'ai arrêté de jouer au yoyo pendant mon cycle.  C'était déjà ça!

Enceinte, lors de mon premier trimestre, je n'ai pas pris de poids.  Au court du 2e et du 3e, j'ai pris 20 lbs environ. Le médecin qui me suivait n'arrêtait pas de me dire que mes hormones étaient en harmonie grâce à la grossesse!  Enfin!

3 semaines après mon accouchement, j'avais déjà perdu ce 20 lbs!  J'étais bien contente!  Certaines filles de mon entourage ont systématiquement associé cette perte de poids à l'allaitement.  Frustrant parce que, pour moi, cette perte de poids signifiait beaucoup.  Plus que l'allaitement, je pense que mes hormones sont plus en harmonie qu'elles l'étaient avant la grossesse. En tout cas...

Vous l'aurez compris, il me restait encore ces 30 lbs à perdre.

Est-ce la grossesse? Est-ce que je suis plus motivée?  Je ne sais pas.  Mais une chose est certaine, je perds du poids beaucoup plus facilement présentement.  Ce matin, la balance m'indiquait un total de -16 lbs! La moitié de perdue!  WOW!!!  Je suis très contente!  J'ai d'ailleurs dû demander à ma tante d'ajuster ma robe pour le mariage de ma soeur...  Elle était trop grande!

Je calcule mes calories (ajustées en fonction de mon allaitement), je fais du sport à la maison et je me suis réinscrite au gym.  J'aime pas allé au gym.  J'aime vraiment pas ça!  Déjà parce que faire du surplace pendant 45 min. / 1 hrs, c'est pas agréable...  Ensuite parce j'ai de la difficulté à trouvé un moment approprié dans mon horaire.  Enfin parce que c'est pas amusant!

Donc je me questionne, c'est ma tête ou mon corps? Les médecins le disent d'ailleurs...  On ne sait pas tout de l'impact de la grossesse sur le corps de la femme. Il y a des femmes qui tombent enceintes facilement au 1er et reçoivent un diagnostic d'infertilité pour le 2e...  Et des femmes qui traversent la PMA pour le 1er et tombent enceintes naturellement pour le 2e. Bon, c'est une minorité, mais ça existe...

De toute façon, ça m'importe peu!  L'important c'est que je perde du poids!


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vendredi 17 janvier 2014

Jalousie et gratitude

Il y a une émission télévisée que j'affectionne énormément.  N'ayant pas le temps de la regarder lorsqu'elle passe, je l'enregistre et l'a regarde pendant l'une des siestes de Charlotte.  Ça s'appelle Des histoires de vies (The story behind).

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Cette série docu-réalité, tournée à Toronto, met en scène un divan mauve et deux animateurs, Dale Curd et Andrea Syrtash (l'un thérapeute, l'autre coach et experte en relation). À tour de rôle, les animateurs engagent une discussion avec de parfaits inconnus dans des lieux publics (parc, au coin d’une rue, etc.).  Ces inconnus sont appelé à se confier sur un événement qui a changé leur vie.  Toujours sur un thème précis (amour, regret, jalousie, pardon, etc.).

À chaque épisode, je réfléchis.  À chaque épisode, je suis touchée.  À chaque épisode, je verse une petite larme.

Les discussions m’amènent souvent à réfléchir à mon parcours, aux personnes que j'ai blessé et à celles qui m'ont blessé.  Je me remets en question et ça, j'aime ça!

Aujourd'hui, j'ai regardé un épisode portant sur la jalousie et la reconnaissance.  Les histoires étaient toutes inspirantes...  De l'enfant décédée d'une dame, à une femme qui s'est retrouvé sans-abris...  D'un homme qui a développé la maladie de Guillain Barré et à un homme en plein changement de genre (une femme en changement de genre?  C'était un homme, c'est maintenant une femme!)...  Wow!

Alors que la majorité des personnes interrogées concluaient que tout le monde était jaloux...  Un homme a mis des mots sur ce que je tente d'expliquer depuis longtemps...  Pour moi, ce n'est pas tout le monde qui est jaloux.  Tout le monde ressent de l'envie, oui!  Mais pas nécessairement de la jalousie!

Cet homme a dit :
"L'envie c'est vouloir ce que l'autre possède et la jalousie c'est en vouloir à l'autre de posséder ce qu'il nous manque."
Voilà!

En tant qu'infertile nullipare, j'enviais les femmes qui tombaient enceintes.  Je ne leur en voulais pas pour autant!

L'envie, n'est pas malsaine!  La jalousie l'est.  On est sur un continuum.  L'envie étant à une extrémité et la jalousie à l'autre.

Oui, il y a des femmes et des hommes infertiles jaloux, mais ce n'est pas le cas pour tous! D'autre part, la difficulté à fréquenter une personne enceinte lorsqu'on est infertile ne signifie pas que celle-ci est jalouse. L'état de l'autre ne fait que lui rappelé son non-état...

Un autre homme, celui de la maladie de Guillain Barré, a ensuite expliqué qu'autant sa maladie était l'un des pires événements de sa vie, autant il était reconnaissant de l'avoir développé...

Je n'irais pas jusqu'à dire que le diagnostic d'infertilité est l'un des pires événements de ma vie. Chez moi, ce n'est pas tant le diagnostic qui a été problématique, au contraire on était soulagé d'avoir un diagnostic puisqu'il venait avec de l'aide. Ça plutôt été sa durée (5 ans et demi). Par contre, je suis reconnaissante pour cette expérience. Comment expliqué...  Oui, ça fait mal!  Oui, mon corps, mon âme, ma tête a souffert!

Mais...

Mais j'ai vécu l'expérience PMA...
Mais mon couple s'en est trouvé solidifié!
Mais je me connais mieux...
Mais j'ai eu 5 ans et demi pour attendre, espérer, imaginer, préparer la venue d'un bébé...  Oui, c'est trop long, mais j'aime pensé que je suis plus prête, plus préparée, plus réfléchie à 31 ans qu'à 24 ans. Et là, je ne veux pas partir de débat et ni insinuée que j'apprécie plus la présence de Charlotte que si elle était arrivée en C1!  Je ne dis pas que les femmes de moins de 30 ans sont de moins bonnes mères!  Rien à voir!  Mais, avec les années, on acquiert une certaine maturité! Et quand on espère et attend longtemps, on savoure différemment!  C'est comme pour un gâteau au chocolat, quand on en prend une part après un régime, il est drôlement plus bon! Bref, vous comprenez ce que je veux dire.

Et si je n'avais pas été enceinte? J'aurais adopté (plan B)!  Rappelez-vous!  C'était notre dernier essais (même si nous avions droit à un autre encore, sans compter les TEC). Le constat aurait donc été similaire! J'aurais même vécu l'expérience de l'adoption.  J'aurais aussi eu l'occasion de visiter un pays.

Nous aurions peut-être décidé de ne pas avoir d'enfants (plan C)... J'aurais tout de même été reconnaissante, car j'aurais été au bout de quelque chose qui m'aurait permit de mieux me connaître.  Et puis, j'aurais organisée ma vie de façon à être heureuse! Dans les moments les plus difficiles, nous imaginions notre condo à Montréal, les voyages autour du monde que nous ferions, etc.

Il est clair qu'au plus creux des 5 ans et demi des essais, je n'aurais pas tenu ce discours.  Mais, après avoir travailler sur moi-même, avec du recul, je pose un regard relativement positif sur notre parcours!  J'en conclu que je me suis bien adapté!


samedi 4 janvier 2014

Passé et futur : le bilan

2013..
Qu'elle année!

Une merveilleuse année sur certains plans, une moins bonnes sur d'autres.

J'ai perdu mon emploi (en 2012) et n'ai pas réussi à en trouver un nouveau (sauf un petit remplacement à 30 sa).
Mais...
J'ai finis mon DESS en santé mentale en battant des scores.
J'ai profité de ma grossesse avec un minimum de stress et en me reposant quand j'en avais envie.

Côté financier...  on repassera (le chômage, c'est pas payant!)
Mais...
J'ai été capable de tenir un budget serré (avec l'aide des friperies, circulaires, coupons, etc.)
La simplicité volontaire obligatoire m'a ramené à des valeurs de bases parmi lesquelles, l'argent, ne fait pas partie!
Je suis arrivée, tout de même, à économiser pour nous offrir un voyage en France où j'ai rencontré des beaux-frères, un neveu et des nièces pour la première fois. (J'avoue, par contre, qu'on le rembourse encore ce voyage et qu'on le remboursera possiblement toute l'année!)

Je manque cruellement de sommeil car, il faut le dire, Charlotte, depuis sa naissance, ne fait pas ses nuits... (2-3-4-...  réveils par nuit!  Pire avec l'avènement des dents!)
Mais...
J'ai accouché d'une magnifique et adorable petite fille qui me comble.
J'ai découvert en mon mari un merveilleux papa.
Je me suis découvert beaucoup de patience (moins la nuit que le jour, par contre).

Côté blog, je me suis un peu cherchée...
J'écris ou pas sur Charlotte?
J'ai des choses à dire sur l'infertilité, mais en même temps l'inspiration me manque (des dizaines de billets débutés et pas finis...)
Mais...
C'est aussi plusieurs échanges avec mes lectrices...
De bonnes nouvelles et des moins bonnes.
Et la rencontre virtuelle de filles géniales que j'espère bien, un jour, rencontrer physiquement!

C'est en gros mon année 2013.
Une belle année quand j'en fais le bilan!
Je vous invite, d'ailleurs, à faire cet exercice!  À chaque année, chéri et moi le faisons.  On écrit ce qui a été négatif (toutes sphères confondues : personnel, familial, professionnel, financier, amis, ...) puis nous cherchons les points positifs qui en ont découlé.
Un mal pour un bien finalement!
On se rend rapidement compte que c'est pas si pire...  Ou que c'est qu'une seule sphère de notre vie qui est négative...  Pas notre vie en entier!

Les bénédictions de 2014
À chaque fois que vous vivez un petit bonheur,
écrivez-le et placez-le dans le bocal.
Le 31 décembre, nous l'ouvrirons et lirons toutes les bénédictions
qui sont arrivées en 2014.

Et 2014?

Elle est synonyme de défis.

Sur le plan professionnel :
Nous devons décider si nous reprenons l'entreprise familiale.  Ça signifie, pour moi, de mettre de côté ma profession, du moins à temps plein, accepter un moins bon salaire, de n'avoir aucun fond de retraite, etc... Ce qui pourrait signifier aussi un mari qui retourne aux études et qui serait moins présent à la maison pour un temps. Mais ça signifie aussi plus de temps avec ma fille et mon mari puisque je pourrais travailler de la maison, que la conciliation travail-famille est plus simple et que je suis assurée d'avoir mes vacances en même temps qu'eux (domaine de la construction oblige!).
Je dois décider si je me lance dans le privé pour offrir mes services professionnels aux personnes infertiles.
Je dois décider si j'embarque dans l'animation des groupes de soutien offert par l'ACIQ malgré que certains éléments me dérangent.
Je dois trouver le juste milieu dans tout ça pour ressentir de la fierté professionnellement, tout en n'ayant pas l'impression de sacrifier ma vie familiale (retourner dans le réseau de la santé = travailler soir et fin de semaine!).
Je dois me trouver un boulot pour fin mars, dans tous les cas!

Sur le plan familial :
Je devrai trouver une garderie pour Charlotte et accepter que mon bébé soit confier à quelqu'un d'autre...
Nous devrons décider si nous retournons cette année en traitements (TEC) ou non...  La hantise du test négatif commence à me hanter (retour de couche oblige)...

Sur le plan personnel :
Je dois continuer à travailler sur moi-même!
Trop longtemps, j'ai été considéré comme émotive alors qu'on se permettait de m'attaquer ou d'être sarcastique à mon égard!  Cette année, ça suffit!
Trop longtemps, j'ai accepté de m'effacer et de laisser les autres être prioritaires!
Cette année, j'aurai bon ou mauvais caractère (selon le point de vue).  Je m'affirmerai, je dirai ce que je pense mais, toujours dans le respect, par contre!  Comme mon mari le dit, ce n'est pas parce que tu peux dire ce que tu penses que tu es obligé de le faire!  C'est ça le respect!

Sur le plan personnel, aussi, c'est le retour au sport!
L'objectif est de perdre du poids, oui...  Mais surtout de bien me sentir dans ma peau!
J'aimerais perdre 30 lbs (12 kg environ) avant de retourner en traitement.

Cette année, je serai authentique et centrée sur les valeurs qui me sont importantes!

Côté blog?
J’entamerai ma 3e année bloguesque (mon blog aura 2 ans dans une semaine!).
Je ferai un retour en force sur l'infertilité en parlant de ma dépression, d'incompréhension, de ce qui me déplaît dans l'attitude "Je suis infertile donc ne me parlez pas de...", de médecines alternatives, de la décision de retourner en traitement pour un 2e enfant, etc.

Voilà mes objectifs!

Alors revenez me visiter, ça risque d'être intéressant!

En attendant, je vous souhaite à toutes et tous...

N'oubliez pas de rester "connecter" les uns aux autres!

*** Photo non représentative de notre vie de famille ***
Notez qu'on regardait un film en famille...
Mais que pour les besoins de la cause, les téléphones ont bien servi!




dimanche 22 décembre 2013

De l'autre côté - Temps des fêtes

L'an dernier, j'écrivais sur le temps des fêtes et l'infertilité.

Je pourrais réécrire le même message, donner les mêmes trucs, mais je ne le ferai pas.

Dans quelques jours, plusieurs d'entre vous entrerons dans une période difficile. Une période qui se veut émotive et qui est souvent très mal comprise par l'entourage. Tout ça parce que pour eux, Noël est synonyme de magie, de joie, de plaisir...  Ils ne se doutent pas que pour d'autres Noël peut être synonyme d'absence, de déception, de tristesse...

Je pense à vous...  Si vous saviez comme je pense souvent à vous!
Je pense à J. qui sera en plein TEC pendant ce temps des fêtes!
Je pense à A. qui a sa pds le 24...  Une magnifique journée pour une bonne nouvelle!  Une horrible journée pour une mauvais nouvelle!
Je pense à Fidji qui, après avoir épuisé toutes les options PMA, fêtera Noël en compagnie de sa soeur enceinte de 4 mois et demi...
Je pense à Lemi qui débute un nouveau chapitre après la décongélation ratée de son dernier embryon...  Un chapitre où la pma n'est pas conviée!
Je pense à 6 cellules, à Bounty Caramel, à Petit Hérisson, à Contes de FIV, à la fille derrière Émotions In vitro...
Je pense à toutes celles et à tous ceux qui passeront le temps des fêtes le coeur gros (à cause de l'infertilité, de la perte d'un être cher, de l'éloignement ou pour toutes autres raisons...).

il y aurait tant de choses que je lui demanderais de faire...

Et il y a l'autre côté... Celui où je suis cette année!  Officiellement!
L'an dernier, j'étais enceinte.  Cette année, Charlotte est là en vrai!

Elle aime les lumières du sapin de Noël, elle a peur du chien qui aboie des chansons de Noël en bougeant (ben oui, j'ai ce genre de truc à la maison!), elle a tendu les bras vers le Père-Noël lorsque nous sommes allés le voir vendredi matin, elle aime mettre dans sa bouche manipuler les cadeaux sous le sapin! Son premier Noël lui en met plein les yeux!

C'est un temps des fêtes doux et tranquille que nous nous apprêtons à passer.  Nous désirons mettre en place des traditions avec elle, entre nous trois.  Nous passions rapidement sur le temps des fêtes dans les dernières années.  Cette année, on espère que le temps coulera doucement.  Dame Nature semble nous avoir écouté avec toute la neige envoyée.  Nous irons patiner, faire de la raquette, marcher...  Nous passerons du temps collé-collé devant le foyer...  Nous célébrerons ce nouveau chapitre!

Je vous souhaite un doux Noël et un joyeux passage à 2014.
Je vous souhaite une année 2014 à la hauteur de vos attentes.
Je vous souhaite que, si une porte se ferme devant vous, vous trouviez la force de trouver la fenêtre ouverte. Celle vous permettant de voir les étoiles qui brillent pour vous!

Ma préférée... Cette version-là plus précisément!

mardi 10 décembre 2013

Quatre générations de filles

L'infertilité est synonyme de plusieurs deuils pour le couple.

Le deuil de faire un enfant seul, sans assistance, comme tout le monde!
Le deuil de transmettre nos gènes lorsqu'on doit se tourner vers un don ou l'adoption...
Le deuil de la grossesse...
Le deuil d'apporter le premier petit-enfant à ses parents...

Ce dernier, je l'ai vécu.
Difficilement!

Pour mes parents, ce n'était pas grave.  Faire un enfant, ce n'est pas une course, ni un concours.  C'est vrai. Archi vrai! Mais quand on commence les essais bébé, que ça perdure pendant des mois, des années, et que, finalement, c'est un membre de votre fratrie qui annonce une grossesse, ça fait mal.  Très mal. Et ce, même si on sait qu'un jour ça arrivera, que c'est inévitable.

On en veut à la vie, à sa génétique, à Dieu, à qui vous voulez!
On se déteste pour les émotions que nous ressentons...

On a un deuil à faire, mais il est souvent mal perçu. Les personnes concernées peuvent penser qu'on est incapable d'être heureux pour elles ou qu'on est jaloux...  C'est pourtant tellement plus gros qu'elles. Tellement...

Alors on essaie de relever la tête, de lâcher prise, de faire avec...

L'adaptation à cette nouvelle situation, qui comporte le deuil du 1er né, est complexe et ardue...
Pendant que, de notre côté, on est confronté à notre infertilité, à notre incapacité et à toutes les injustices de Dame Nature...
tout le monde est heureux;
tout le monde ne parle que de ce bébé à venir;
tout le monde oublie que nous, nous avons mal et que c'est normal.

J'ai finalement fait mon deuil.  Je me suis adaptée. Non sans perdre des plumes.

J'ai finalement été enceinte et j'ai appris que je portais une fille.

Puis j'ai réalisé...

Ma soeur ayant eu un garçon, j'étais celle qui créait la 4e génération de filles.

Le jour du baptême de Charlotte nous avons immortalisé ces quatre générations.

C'est peut-être ridicule, même superficielle, mais je suis contente.
Je n'ai peut-être pas apporté le 1er né...

Mais j'ai engendré les 4 générations de filles!

Quatre générations de filles
Ma grand-mère maternelle, ma mère, moi et ma fille.


jeudi 5 décembre 2013

Lâcher prise et voir le positif!

Mon mari et moi nous nous sommes rencontrés alors qu'il vivait en France et moi ici.  Contrairement à ce que plusieurs pouvaient penser (mais la majorité disent présentement qu'ils n'ont jamais pensé ça...  bref..), notre histoire a évolué et perduré.  Il a immigré, nous avons pris appartement, nous avons adopté un chat, puis un autre (celui-là est mort, par contre!), nous nous sommes mariés, nous avons acheté une maison, nous avons adopté un chien, et nous avons finalement eu un enfant.  En août dernier, nous avons célébré notre 9e anniversaire de couple...

Il y a eu des moments difficiles pendant l'année et demi où lui était en France et moi ici.  Il aurait été facile d'abandonner, mais nous nous sommes accrochés.  On se répétait, lorsque ça n'allait pas,

On s'adapte
On improvise
On domine

C'était notre leitmotiv!

C'est aussi ce que nous nous répétions pendant les 5 années et demi où nous tentions de nous reproduire.

Dans la même lignée, hier, nous regardions un épisode de Grey's anatomy. Pour faire une histoire courte, dans cet épisode, Karev explique à une maman qu'elle doit arrêter de s'apitoyer sur son sort, qu'elle doit agir et faire avec la situation (la maman doit prendre la décision si elle fait opérer son bébé né grand-prématuré ou si elle le laisse partir).

C'est un peu comme ça que nous envisagions (et envisageons toujours) notre infertilité et notre vie en général : ne pas s'apitoyer et agir!

Pour nous, il y a ceux qui s’apitoient et ceux qui agissent.  On peut nommer que ça ne va pas, on peut se plaindre, être triste et/ou en colère, là n'est pas le problème.  Le problème est lorsqu'on reste dans notre bouette sans bouger et sans tenter de s'en sortir...  Et qu'on ressasse cette bouette constamment...

Pour moi, se plaindre sans agir, c'est comme ceux qui se plaignent du gouvernement, mais qui ne vont pas voter.  Ça perd un peu de crédibilité...

C'est pour ça que sur ce blog je ne me suis jamais apitoyée sur mon sort.  J'aurais pu!  Entre ma dépression quelques mois avant de débuter ce blogue, la dispute avec ma famille, l'incompréhension de plusieurs... J'avais tout ce qu'il me fallait pour... Mais j'avais besoin de lâcher prise et de me tourner vers le positif.  Ça n'a pas toujours été facile. J'en arrachais souvent beaucoup plus que ce que j'admettais publiquement.  Dans ces moments, je me tournais vers un forum de discussion.

Je suis persuadée que cette attitude m'a permis de vivre avec et de garder la tête hors de l'eau.

Je me suis forcée à trouver des solutions, à trouver du positif et à apprécier ce que j'avais.

Je me suis forcée à rire de l'infertilité et surtout à ne pas tirer à gros boulet sur tout ce qui n'était pas "juste" de mon point de vue. Je me disais qu'en jetant mon venin sur tout ce qui passait ou qui n'était pas parfaitement pro-pma, ça ne m'aiderait pas. Je DEVAIS conserver mon énergie. J'en avais besoin pour les traitements et pour affronter mon quotidien!

Lorsque je lisais des articles sur l'infertilité, je m'abstenais de lire les commentaires.  Je savais que je serais en colère par la suite...  Ma santé mentale primait et, comme pour tout, il y a des individus bornés qui resteront bornés.  Ces personnes, à moi toute seule, je ne pouvais pas à les changer.  C'est à la vie de s'en charger...  Alors pourquoi perdre mon énergie à m'acharner sur elles. Mon objectif a toujours été de sensibiliser ceux qui sont ouverts.  La société, sa façon de pensée et ses politiques, c'est à l'ACIQ, l'ACSI (IAAC) et à ceux qui font du lobbying de s'en charger. Mon objectif est à plus petite échelle. Si déjà je peux faire en sorte que les personnes infertiles se sentent plus normales et moins en colère envers l'incompréhension de leur entourage (qui souvent ne comprend pas parce qu'on a "omis" d'expliquer), je suis heureuse!

Quant à mon entourage, je me suis efforcée de ne pas les tenir pour responsable.  LA responsable était l'infertilité!  Si Noël était pénible, si mon anniversaire était lourd, si la fête des mères étaient une date à bannir du calendrier, ce n'était pas de la faute aux autres, c'était la faute à l'infertilité!  Si les annonces de grossesse me faisait mal, c'était la faute à l'infertilité!  Bon, il y avait des personnes insensibles, égocentriques et égoïstes...  Je les connaissais et les connais toujours! Alors pourquoi être surprise et en colère de leurs réactions? Je les tenais et tente de les tenir à distance de ce qui me tiens à coeur et peut me blesser.  Certaines portes leurs sont fermées...   Pour les autres, je vivais mes émotions et tâchaient de ne pas leur faire porter mon fardeau et de les en tenir coupable.

Bien sûre, ça n'a pas été toujours facile, je n'ai pas été tous les jours positives.  Les copinautes du forum de discussion que je fréquentais pourraient en témoigner, mon mari aussi!  Mais, quand je tombais, je m’efforçais de me relever en m'accordant un plaisir égoïste (un souper au resto, un bon livre, un vêtement, ne pas aller à un souper, acheter une tente-roulotte, etc.)!

Tout ça pour dire que, dans ma vie, je suis pour le lâcher prise...

Et vous, y arrivez-vous?


mardi 12 novembre 2013

L'infertilité et les médias : mon ras-le-bol

Alors que nous étions en France (et un peu avant notre départ), une vague d'articles concernant l'infertilité, ses traitements et la gratuité de ces derniers a eu lieu.

J'ai suivi à distance cette vague et lu en diagonale la majorité des articles et eu quelques discussions à ce propos sur l'oreiller.  Rien de bien nouveau...  Beaucoup de "Encore une fois, ils oublient que pma c'est aussi hormones et IAC" ou de "Pourquoi ils mettent encore et toujours l'accent que sur les femmes âgées de plus de 40 ans?".

Pour ceux et celles que ça intéresseraient, voici quelques-uns des articles :
Pas une maladie
Procréer à tout prix
Fécondation in vitro : des médecins sonnent l'alarme
La procréation assistée, à hauteur de mère

Je me suis abstenue d'aller lire les réactions du public.  Parce que ceux qui commentent généralement n'y connaissent rien en infertilité et que, par conséquent, leurs commentaires s'en ressentent, parce que je n'ai pas d'énergie à mettre sur la colère que je ressens lorsque je lis ce type de commentaires et, avouons-le, parce que je n'avais tout simplement pas le temps de les lire.

Une blogueuse que j'affectionne tout particulièrement, Marie-Christine Pitre de Une vie entre Paren(thèses), a réagit sur son blogue à ces articles.  Son billet "L'enfant du coeur" me rejoint entièrement!  J'aurais pu écrire ces lignes!

Je crois que, souvent, les médias nous présentent les éléments de façon sensationnelle. Pourquoi toujours sortir des analyses de statistiques du type
Au Québec, plus du quart des femmes ayant recours à la fécondation in vitro sont âgées de plus de 40 ans. C’est le taux le plus élevé au pays. Or, seule une minorité d’entre elles réussiront toutefois à devenir enceintes.
Pourquoi ne pas présenter les statistiques dans l'autre sens c'est-à-dire que 75% des couples ont moins de 40 ans?  C'est moins spectaculaire, ça engendre moins de réactions, donc moins de commentaires, de partages sur fb et, par conséquent, moins de lectorat!

Les médias semblent oublier qu'il y a des couples qui ont commencé jeunes… Qui ont reçu un diagnostic d’infertilité dans la vingtaine ou début trentaine…

Les médias (et peut-être les cliniques aussi) semblent oublier que beaucoup de couple se sont lancés tête première dans les traitements à l’annonce de la gratuité. Un bon nombre d’entre-eux avaient fait le deuil des traitements par manque d’argent… Ils n’y croyaient plus. Puis, après 10 ans, 15 ans, voilà leur chance! C'est l'effet "gratuité".

Les médias semblent oublier que beaucoup de couple sont en FIV dans la trentaine… Après avoir essayé de concevoir dans leur chambre à coucher pendant 1-2-3 ans… Puis après avoir fait les traitements hormonaux… Puis les inséminations. Tout ça avec des pauses pour le corps et d’autres pour la tête…

Les médias semblent aussi oublier de mentionner que "gratuité" ne signifie pas "gratuité à 100%".  Si les traitements en clinique sont couverts à 100%, les hormones ne le sont pas.

D'autre part, ils nous présentent l’adoption comme une solution miracle.  Comme étant LA solution.  Souvent, j'ai l'impression qu'on tente de nous faire culpabiliser : surpopulation, enfants abandonnés qui ont besoin d'amour, etc.

L’adoption, n’est pas LA solution miracle. Déjà, il faut être prêt à recevoir un enfant amoché ou en carence (émotive, substance, etc.) (si on adopte au Québec surtout). Ce n’est pas tout le monde (déjà parents ou pas) qui peut se qualifier pour cette tâche. Les enfants en adoption n’ont pas besoin QUE de l’amour. Tout le monde souhaite un enfant en santé tant physiquement que psychologiquement...  Pourquoi les infertiles devraient-ils faire le deuil de l'enfant biologique et n'auraient-ils pas le droit, eux aussi, d'espérer transmettre leurs gènes? Pourquoi devraient-ils systématiquement se lancer corps et âmes dans un mandat beaucoup plus gros que le simple fait d'éduquer un enfant.  (Attention, je sais que ce n'est pas le cas pour tous les enfants!  J'ai deux enfants adoptés dans ma famille pour qui ça s'est relativement bien passé.)

Aussi, il faut être prêt à débourser beaucoup d’argent (si on adopte à l’international). Étrangement, si on a pas d’argent en banque pour la pma, il n’y en a pas vraiment pour l’adoption… Allez savoir pourquoi! Et puis, faut être prêt à vivre avec les différences, avec le regard des autres, avec le fait qu’on aura pas vu cet enfant « bébé naissant » et qu’il nous manquera une partie de sa vie, avec le fait qu’on aura pas choisi son prénom (adoption au Québec), avec le fait qu’il n’aura pas nos gênes… Il est facile de porter un jugement sans être confronté à cette situation.  C'est facile de dire "Moi ça ne me dérangerait pas!" quand on a déjà un ou des enfants et que cette option n'est pas la seule qui nous reste.  C'est facile quand on ne connait que les belles informations.

Petite anecdote.  Il y a 2 ans, nous sommes allés dans une rencontre d'informations pour l'adoption locale (régionale je devrais même dire!)...  La première chose qui nous a été dites fût : "Aujourd'hui mon mandat sera de vous décourager! Si vous êtes ici c'est que vous êtes déjà vendu adoption!  Vous avez déjà toutes les belles informations!  Aujourd'hui, je vais vous parler du côté sombre, de ce que c'est réellement l'adoption!"

Vous voyez ce que je veux dire?

Les médias semblent bien peu informés quant aux critères entourant l'adoption internationale.  Peut-être devraient-ils aller dans une rencontre d'informations.  Par exemple, ils ne semblent pas savoir que le processus est long et éprouvant, qu’il y a de moins en moins d’enfants disponibles pour l’adoption, que les pays se ferment ou restreignent le nombre d'enfants adoptables. De plus en plus, les enfants adoptables "rapidement" sont les enfants avec handicaps ou maladies X, Y, Z.  

Les médias ne semblent pas savoir que certains pays ont des critères d'IMC et de trouble de santé mentale… Alors si en tant qu'infertile vous avez été mis en arrêt de travail pour trouble de l’adaptation ou pire pour une dépression (vous avez eu de mal à gérer le diagnostic, les traitements, etc...  C'est ballot!), vous pourriez être exclus systématiquement de certains pays.

C'était mon ras-le-bol et, par le fait même, ma mise au point!



lundi 16 septembre 2013

Le congé de paternité

S'il y a quelque chose qui me fâche, et ce n'est pas récent, c'est le discours de certains hommes concernant le congé de paternité.

Au Québec, il y a deux possibilités.  Le nouveau papa a 3 ou 5 semaines de congé dépendamment de la longueur du congé choisi pour la maman. Mon conjoint et moi avons pris le congé long.  Il avait donc 5 semaines. (Pour plus d'info sur le congé québécois, c'est ici!)

Bref, plusieurs hommes considèrent ce congé comme des vacances.  Ils le prennent plus tard pour faire des travaux ou pour partir en voyage (parfois même sans madame et les enfants).  Ces hommes voient ce congé de façon bien égoïstes et oublient la raison même de ce congé : aider la maman (jour et nuit) et profiter du nouveau-né.

Dernièrement, lors d'une discussion avec mon conjoint, mon père et un représentant avec qui ils font affaire, le représentant disait, tout fier, qu'il partait en vacances pour 2 semaines (sa femme allait être provoquée le lendemain).  Il disait trouver ce congé inutile, mais qu'il le prenait puisqu'on lui proposait. Il disait qu'il préférait travailler parce qu'il aimait ça et que, de toute façon, avant un an, c'est pas trippant un enfant. Mon père, lui, racontait que, dans le temps, il avait reçu une allocation assez conséquente et qu'à son avis c'était bien mieux ainsi...

Ce n'est pas la première fois que mon père tient ce discours devant moi. À chaque fois, je réagis fortement.

Oui, l'argent c'est bien.  Mais avoir son conjoint à la maison, pouvant aider la nuit lorsque bébé se réveille, pouvant nous permettre de dormir un peu pendant la journée, pouvant préparer les repas ou s'occuper du bébé pendant que nous préparons les repas, c'est bien pratique. C'est aussi génial, quand c'est le 2e, le 3e, etc.  Il peut s'occuper des autres enfants aussi.

J'ai l'impression que certains hommes oublient que l'accouchement est exigeant et éprouvant tant physiquement que psychologiquement...  Ce n'est pas le séjour à la maternité qui nous remet sur le piton. Surtout pas au Québec où le séjour est de 1 ou 2 jours si tout s'est bien déourlé. Il nous faut quelques jours/semaines pour trouver notre rythme.

Par le passé, nos mères étaient présentent pour venir nous donner un coup de main pendant les relevailles... De nos jours, elles travaillent nos mamans...  Tout comme nos soeurs et nos amies. L'aide est inexistante, la plupart du temps, si le papa n'est pas là.

Pour moi, le congé de paternité c'est aussi pour le père.  C'est son enfant, non?  Je n'arrive pas à concevoir qu'un homme puisse préférer être au travail plutôt qu'avec son bébé tout neuf.  Le discours tenu par le représentant sonnait à mes oreilles comme "T'as voulu un enfant?  Tu l'as!  Maintenant, ne m'en demande pas trop!  C'est à toi de t'en occuper! Et puis, c'est pas si difficile!".

Mon conjoint n'a pas pu prendre ses 5 semaines d'affilées puisqu'il travaille dans l'entreprise familiale et que mes parents partaient en vacances (prévues avant la grossesse).  Il a prit 2 semaines à la naissance de Charlotte et nous utiliserons les 3 dernières pour aller présenter la petite à sa famille paternelle.

Pendant son congé (les 2 premières semaines de vie de Charlotte), il se rendait régulièrement au bureau l'après-midi... Il s'y est d'ailleurs rendu l'après-midi même de mon retour à la maison (le lendemain de la naissance de Charlotte). Ensuite, pendant les 2 semaines de vacances de mes parents, il partait tôt et revenait tard...  Par chance, il travaille au bout de la rue.  Alors, il venait dîner avec moi à tous les jours. Je l'ai fait sans me plaindre, même si j'aurais aimé l'avoir à la maison, avec moi, sans le voir partir l'après-midi.  Je savais pourquoi nous le faisions...  C'est l'un des sacrifices que nous acceptons de faire quand on s'investit dans l'entreprise familiale. 

Notre seule dispute a d'ailleurs eu lieu à ce moment...  Il m'avait dit, la fin de semaine précédent son retour au travail, que j'allais devoir me débrouiller seule la nuit...  Que lui allait devoir dormir puisqu'il travaillait... Oui... Mais non...  Charlotte dormait à ce moment 1h30, se réveillait pour boire et pour être changée (30 minutes à 1h00) et se rendormait pour 1h30, etc.  Le jour comme la nuit! 

Ce soir-là, j'ai pleuré en allaitant Charlotte. J'étais épuisée, j'avais mal à mon fichu périnée déchiré au 2e degré, l'allaitement était un peu difficile et je broyais du noir parce que je me sentais seule... Je me suis demandée si les gens n'avaient pas raison...  Si je n'étais pas infertile parce que je n'étais pas une bonne maman, parce que je n'étais pas capable de me débrouiller seule et parce que je n'éprouvais pas de plaisir à prendre soins de ma fille! Je la regardais et je me disais que si elle disparaissait, je n'allais pas être affectée plus qu'il le faut... J'avais honte et je culpabilisais...  Après tout ce temps, j'avais l'impression que j'avais fais la pire gaffe de ma vie : faire un enfant.

Je vous rassure!  Maintenant, je vais mieux!  Je suis beaucoup moins épuisée, je considère que Charlotte mérite tous les efforts que nous avons fait et, surtout, je considère que je suis une bonne maman! C'était possiblement un petit "Baby blues"!

Reste que, encore aujourd'hui, c'est un sujet à éviter à la maison.  Il considère encore que ses journées sont plus difficiles que les miennes...  Et moi je maintiens encore que de dormir par bloc de 3 ou 4 heures (et non, elle ne fait pas ses nuits) ne permet pas le repos optimal.  Surtout qu'elle ne dort presque pas pendant la journée!

C'est la seule chose que j'aurais aimé faire différemment... J'aurais aimé, à ce moment, qu'il ne travaille pas dans l'entreprise familiale...  J'aurais aimé qu'il puisse faire comme tous les autres hommes de ma connaissance et rester à la maison...  Je pense que c'est ça qui me fâche : entendre des hommes lever le nez sur le besoin du congé de paternité quand, eux, on la possibilité de le prendre sans être constamment sur la sellette.

Aujourd'hui, on me dit que je suis chanceuse de profiter de ce congé parental pour partir en vacances en France... Déjà, je ne considère pas ce voyage en France comme des vacances.  J'ai 6 jours de vacances sur les 23 où je serai en France.  Et puis, j'aurais préféré avoir mon mari auprès de moi après l'accouchement.

Enfin...

Ce qui me fâche, c'est que les hommes qui tiennent un discours comme ça ne pense qu'à eux... Ils finissent toujours par ajouter, en riant, "Une chance que ma blonde ne m'entends pas..." C'est possiblement qu'un discours machiste...  Peut-être qu'il ne le pense pas réellement... Mais à la longue, ce type de discours pourrait faire en sorte que ce congé disparaisse...

Par chance, je sais que tous les hommes ne pensent pas ainsi...


samedi 17 août 2013

J'étais fort minable...

Eh bébé, oups : mademoiselle
Je veux pas vous draguer, promis, juré
Je suis célibataire, depuis hier, putain !
Je peux pas faire d'enfant, et bon c'est pas... eh revient !
5 minutes quoi je t'ai pas insulté, je suis poli, courtois
Et un peu fort bourré mais pour les mecs comme moi
Vous avez autre chose à faire, vous m'auriez vu hier
Où j'étais...
 
Formidable...
Je l'avais partagé sur la page facebook de mon blog, il y a quelques semaines...

Cette chanson qui me touche beaucoup. Elle fait renaître beaucoup d'émotions en moi...

Elle parle de l'infertilité masculine.

Stromae réussit bien à faire sentir la détresse de l'homme...  Cet homme que la femme a quitté parce qu'il est stérile. Cet homme qui, au final, est fort minable selon sa femme et, par conséquent, selon lui-même. Ce sentiment que la majorité d'entre nous avons ressentis.  Homme ou femme.

Il y avait déjà une chanson qui, lorsque je l'écoutais, faisait en sorte que j'avais la gorge serrée et, parfois, quelques larmes... C'était I would die for that de Kelley Coffrey ...
Sometimes it's hard to conceive,
With all that I've got,
And all I've achieved,
What I want most
Before my time is gone,
Is to hear the words
"I love you, Mom."
C'est d'ailleurs ce couplet que j'ai mis en introduction dans mon essaie.  Un couplet très parlant, je trouve.

Maintenant, il y en a une 2e : Formidable de Stromae, ...
(...)
Et qu'est-ce que vous avez tous
à me regarder comme un singe, vous
Ah oui vous êtes saint vous
Bande de macaques!
Donnez-moi un bébé singe, il sera...
Formidable...
Le regard des autres est souvent pesant...  Les commentaires directs et indirects peuvent faire mal.  À force, on développe une carapace...  Mais il y a toujours un petit malin qui réussi à trouver la faille. Ou bien c'est nous qui baissons la garde... Et puis oui, contrairement à ce que certains peuvent penser, ce n'est pas parce que nous avons tiré le mauvais numéro que nous serons de mauvais parents...

Tous les enfants, même ceux issus de la pma, sont formidables!

Charlotte, mon bébé singe, est formidable!


jeudi 27 juin 2013

11h11

Avez-vous déjà fait ça?  Faire un vœu lorsque tous les chiffres de l'horloge sont identiques?

Ce week-end, nous sommes allés faire du camping avec Charlotte!  Un première pour elle! Du camping de luxe puisque nous avions accès à la roulotte (et toutes ses commodités) de mes parents.  J'en reparlerai!

Alors que j'allaitais dans la roulotte de mes parents, l'horloge a affiché 11h11. Je me suis surprise à chercher un vœu à faire...

Je n'ai rien trouvé!

J'ai réalisé que j'avais tout ce que je désirais!

C'est un sentiment que je souhaite à toutes les pmettes!


Étrangement, c'est lorsque je plis ses petits vêtements que ça me frappe :
JE SUIS MAMAN!

samedi 8 juin 2013

Bilan sur la grossesse

Cette semaine, en lien avec mon essai, je suis retournée lire "Mode d'emploi pour des proches maladroits" sur le blog d'Annahé.

Ce billet m'a fait réfléchir sur ce que j'ai vécu en début de grossesse et mon malaise... J'ai eu le temps de bien analyser mes émotions concernant l'infertilité dans la dernière année, mais je n'ai pas beaucoup fait d'introspection sur ma grossesse.

Pendant presque toute ma grossesse (jusqu'à la 30e semaine environ), j'ai eu l'impression de me battre contre moi-même et contre les autres! Surtout contre moi-même!

Il y a eu la découverte de la grossesse qui m'a procuré une très grande joie. L'espace de quelques minutes! Et qui a laissé la place à l'incrédulité, le déni et la peur. J'ai dû faire une dizaine de tests de grossesse en l'espace d'un mois pour me rassurer! Ça c'est sans compter toute la saga qui a entourée les prises de sang et mon taux qui n'augmentait pas.

Ensuite est venu le temps de l'annoncer à nos proches. Nous n'en avions tellement pas envie! Nous aurions voulu garder cette nouvelle pour nous... Ne pas laisser les autres entrer dans notre bulle... Celle où nous tentions désespérément de faire du ménage et de trouver un équilibre. Laisser entrer nos proches, c'étaient les autoriser à venir tout chambouler et remettre en question ce que nous vivions et la façon dont nous le vivions. On a de l'expérience là-dedans en tant qu'infertile, n'est-ce pas? Nous savons que trop bien que, malgré leurs bonnes intentions, nos proches peuvent gaffer et ne pas comprendre ce que nous vivons...

On ne s'est pas trompé... Malgré nos demandes, nos mises en garde et nos indications, quelques personnes ont accourus pour nous féliciter, nous dire que "tout se passera bien, c'est arrivé à une de mes amies et elle a accouché d'un beau bébé, il y a quelques mois" et qu'on s'en faisait pour rien. Notre entourage était très heureux pour nous, certains étaient même trop heureux de notre point de vue! On avait l'impression d'être des imposteurs... Nos réactions, lorsqu’on les comparait à celles de nos proches, nous amenaient à croire que nous étions anormaux.

Je crois sincèrement qu'il est normal pour nos proches de vivre une grande joie à l'annonce de la réussite de nos traitements. Je crois aussi qu'il est normal que leurs émotions soient en décalage avec les nôtres. Ils ont vécu de la tristesse et du désarois face à notre situation, mais ils n'ont pas vécus "le monde qui s'écroule" à chacun de nos échecs. Ils n'ont pas vécu tous nos échecs, c'est-à-dire celui du premier mois d'essais, ceux des traitements, ceux des pauses forcées où on espère qu'un miracle se produira malgré qu'on ne soit pas en essai, etc... L'ardoise n'est pas si longue et si négative de leur côté.  Pour eux "tout ira bien maintenant" parce que le sort ne peut pas s'acharner sur nous continuellement... Nous, on le sait que Dame Nature peut continuer à s'acharner. Déjà parce que les risques de fausses couches et de grossesses extra-utérines sont plus élevées en PMA, ensuite parce qu'on connaît des personnes qui ont vécus ces échecs et finalement parce qu'on est habitué aux tuiles! Pourquoi en serait-il autrement?

Je pense qu'au moment précis où une 2e ligne apparaît sur un test de grossesse, un sceau de sécurité se développe sur notre cœur! Ce sceau prend du temps à être retiré. Notre tête n'est pas prête à le retirer si facilement. C'est vers la 30e semaine que j'ai commencé à voir disparaître mes réflexes d’infertile et à réaliser que j'étais bel et bien enceinte!

Les personnes "fertiles" avec qui je parlais de ce décalage réagissaient toujours fortement.... J'avais l'impression que mes émotions n'étaient pas normales... Je disais "J'ai l'impression que les gens sont plus heureux que moi! Je n'arrive pas à gérer leurs émotions et les miennes!". On me répondait "Ben là, tu veux quoi! On est heureux! C'est normal! Tu ne devrais pas penser toujours au négatif!"

Oui, c'est normal que vous soyez heureux! Ce qui ne l'est pas c'est qu'on me demande de gérer mes émotions et celles des autres. Ça ne devrait pas être à nous d'en faire plus, mais à eux d'avoir une petite retenue... J'aurais dû me sentir supporter, pas juger!

Bref, certaines discussions m'amenaient à croire que j'étais anormale et que, peut-être, je ne "méritais" pas ce miracle... J'en suis venue à m'isoler de mes amies pour éviter d'entendre parler bébé et surtout pour m'éviter les "Tu verras quand..." et tous ces conseils des "déjà parents".  Psychologiquement, je n'étais pas rendue à cette étape...  J'étais en train d'assimiler que j'étais enceinte.  J'étais loin de l'étape "Je suis une future maman!"

Je me rends compte, en écrivant ces lignes, que plusieurs personnes devaient se dire que notre parcours était maintenant derrière nous... Ranger dans une petite boite fermée à clé! Que mes émotions et mes réactions étaient désormais les mêmes que la population fertile. Oui, c'est vrai! Mais pas totalement...

J'ai l'impression qu'il existe des degrés de séparation psychologique :
  • 1 degré de séparation entre la personne fertile et la personne infertile 
  • 1 degré de séparation entre la personne infertile et la personne infertile "enceinte"... 
  • 2 degrés de séparation entre la personne fertile et celle infertile "enceinte".... 
Une fois enceinte, tout le monde s'attend (et nous aussi) a ce qu'on intègre le rang des personnes fertiles et que l'on fasse table rase sur ce que l'on a vécu. Mais notre parcours ne s'efface pas... Profondément, on reste infertile... On garde nos réflexes de protection et notre sceau de sécurité!

Finalement, j'ai adopté le profil bas pendant ma grossesse et j'ai choisi mes batailles.  Je me suis permise d'assimiler l'étape "Je suis enceinte" à mon rythme!  Certains auraient peut-être préférés que ça se fasse plus rapidement...  Mais 5 ans et demi d'échecs, ça ne s'efface pas aussi rapidement que ça! Ça ne s'efface jamais complètement, en fait!

En terminant, parce que ce que je viens d'écrire concerne une minorité de personne dans mon entourage (c'est toujours la minorité dérangeante qui est visible, peu importe le sujet), j'aimerais parler de quelques personnes qui ont rendu la grossesse facile...

Ma mère qui a su écouté...  Qui n'a jamais jugé...  Qui m'a supporté et donné, à chaque fois, des conseils aux moments opportuns.

Ma belle-sœur M. qui téléphonait régulièrement de France pour prendre de mes nouvelles.  D'ailleurs, pendant nos traitements (et mon arrêt de travail, il y a quelques années), elle a toujours été présente, mais jamais omniprésente!  Sans le savoir (ou peut-être qu'elle le savait), elle me rassurait dans mes émotions...  Elle s'informait, lisait des forums.  Elle compatissait!  D'ailleurs, c'est elle qui sera la marraine de notre fille chérie.  Elle nous a permit de voir que les 6000 km qui nous séparent n'empêchent pas la proximité.

Et les autres membres de ma famille qui n'ont jamais forcé les choses, qui lisaient le blogue et qui nous ont respecté dans notre façon de vivre la grossesse.

Merci à vous!

Je l'avoue...  Je suis nostalgique...


mardi 14 mai 2013

Un beau cadeau pour Charlotte et la PMA au Québec!

Charlotte a reçu un beau cadeau pour célébrer sa 3e semaine!

Un pédiatre!

Dans LA clinique que nous espérions!

Elle n'est pas trop loin de la maison, offre un service de "consultation" téléphonique pour les petites inquiétudes des parents et, surtout, conserve des plages de rendez-vous pour les consultations en urgence lorsque bébé (ou l'enfant) est malade!  Pas besoin d'aller attendre pendant des heures dans une clinique sans rendez-vous ou, pire, à l'urgence de l'hôpital!

Je suis vraiment contente!
Un stress de moins!

* * * * *

Parlons PMA maintenant...

Présentement, au Québec, le programme sur le remboursement de la procréation assistée est de retour sur les tribunes. Le ministre de la santé à lancer une consultation publique concernant le dit programme. Un journal mentionne d'ailleurs que la gratuité du programme pourrait être remis en question (ICI). Aujourd'hui, le ministre de la santé, dans un communiqué de presse, a indiqué que "l'objectif du mandat conféré au Commissaire à la santé et au bien-être est de me fournir un avis principalement sur les enjeux éthiques et sociaux et les balises qui pourraient - le cas échéant - encadrer le programme, compte tenu notamment de l'évolution extrêmement rapide de la technologie".

Les médias, eux, ne se gênent pas pour le remettre en question...  Les propos de monsieur - madame tout le monde sont généralement très peu glorieux.  Pouvons-nous espérer mieux de ceux qui ne connaissent rien à l'infertilité ainsi qu'au programme québécois de procréation assistée et qui, justement, ne font rien pour en savoir plus? Certains soutiennent que "avoir un enfant" n'est pas un droit, mais un privilège. Je suis en profond désaccord avec l'idée que d'avoir un enfant est un privilège.  Un privilège pour qui?  Uniquement pour les infertiles?  Et les fertiles eux? C'est Dame Nature, Dieu ou une autre divinité qui leur a octroyé ce privilège? Ils ont le privilège d'avoir tous leurs organes qui fonctionnent?  Je suis aussi mitigée avec l'idée que d'avoir un enfant est un droit.  Un droit pour tous?  Peu importe l'âge, les conditions médicales, etc.  Et là, loin de moi l'idée de statuer des critères entourant l'accessibilité à la PMA. Par contre, je considère qu'une personne ayant un dysfonctionnement, voire une maladie, est en droit de se faire soigner.

Ce midi, nous avons regardé un court débat, chéri, Charlotte et moi.  J'ai eu le vertige.  Si ce programme n'avait pas été mis en place en 2010, si Julie Snyder et l'ACIQ ne s'étaient pas battu pour notre cause, Charlotte ne serait pas parmi nous.

Je comprends, et je suis d'accord, qu'il est important d'en discuter, de revoir le programme dans la façon dont il est administré. La preuve c'est que moi-même j'émets plusieurs questionnements. Et puis, tous les programmes doivent être révisés!  C'est la moindre des choses. Mais, il subsiste tout de même une petite crainte en moi. Et si le programme, à la suite des consultations, était abolit? Et si on m'envoyait une facture salée pour mes 5 embryons sur la banquise? Et si...

J'ai l'intention de déposer un témoignage.  Peut-être même de leur envoyer mon essai si je réussis à le terminer à temps (c'est pas gagner par contre!!).  Lecteurs québécois, si vous désirez vous aussi déposer un témoignage, vous pouvez le faire ICI.