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dimanche 22 décembre 2013

De l'autre côté - Temps des fêtes

L'an dernier, j'écrivais sur le temps des fêtes et l'infertilité.

Je pourrais réécrire le même message, donner les mêmes trucs, mais je ne le ferai pas.

Dans quelques jours, plusieurs d'entre vous entrerons dans une période difficile. Une période qui se veut émotive et qui est souvent très mal comprise par l'entourage. Tout ça parce que pour eux, Noël est synonyme de magie, de joie, de plaisir...  Ils ne se doutent pas que pour d'autres Noël peut être synonyme d'absence, de déception, de tristesse...

Je pense à vous...  Si vous saviez comme je pense souvent à vous!
Je pense à J. qui sera en plein TEC pendant ce temps des fêtes!
Je pense à A. qui a sa pds le 24...  Une magnifique journée pour une bonne nouvelle!  Une horrible journée pour une mauvais nouvelle!
Je pense à Fidji qui, après avoir épuisé toutes les options PMA, fêtera Noël en compagnie de sa soeur enceinte de 4 mois et demi...
Je pense à Lemi qui débute un nouveau chapitre après la décongélation ratée de son dernier embryon...  Un chapitre où la pma n'est pas conviée!
Je pense à 6 cellules, à Bounty Caramel, à Petit Hérisson, à Contes de FIV, à la fille derrière Émotions In vitro...
Je pense à toutes celles et à tous ceux qui passeront le temps des fêtes le coeur gros (à cause de l'infertilité, de la perte d'un être cher, de l'éloignement ou pour toutes autres raisons...).

il y aurait tant de choses que je lui demanderais de faire...

Et il y a l'autre côté... Celui où je suis cette année!  Officiellement!
L'an dernier, j'étais enceinte.  Cette année, Charlotte est là en vrai!

Elle aime les lumières du sapin de Noël, elle a peur du chien qui aboie des chansons de Noël en bougeant (ben oui, j'ai ce genre de truc à la maison!), elle a tendu les bras vers le Père-Noël lorsque nous sommes allés le voir vendredi matin, elle aime mettre dans sa bouche manipuler les cadeaux sous le sapin! Son premier Noël lui en met plein les yeux!

C'est un temps des fêtes doux et tranquille que nous nous apprêtons à passer.  Nous désirons mettre en place des traditions avec elle, entre nous trois.  Nous passions rapidement sur le temps des fêtes dans les dernières années.  Cette année, on espère que le temps coulera doucement.  Dame Nature semble nous avoir écouté avec toute la neige envoyée.  Nous irons patiner, faire de la raquette, marcher...  Nous passerons du temps collé-collé devant le foyer...  Nous célébrerons ce nouveau chapitre!

Je vous souhaite un doux Noël et un joyeux passage à 2014.
Je vous souhaite une année 2014 à la hauteur de vos attentes.
Je vous souhaite que, si une porte se ferme devant vous, vous trouviez la force de trouver la fenêtre ouverte. Celle vous permettant de voir les étoiles qui brillent pour vous!

Ma préférée... Cette version-là plus précisément!

mardi 10 décembre 2013

Quatre générations de filles

L'infertilité est synonyme de plusieurs deuils pour le couple.

Le deuil de faire un enfant seul, sans assistance, comme tout le monde!
Le deuil de transmettre nos gènes lorsqu'on doit se tourner vers un don ou l'adoption...
Le deuil de la grossesse...
Le deuil d'apporter le premier petit-enfant à ses parents...

Ce dernier, je l'ai vécu.
Difficilement!

Pour mes parents, ce n'était pas grave.  Faire un enfant, ce n'est pas une course, ni un concours.  C'est vrai. Archi vrai! Mais quand on commence les essais bébé, que ça perdure pendant des mois, des années, et que, finalement, c'est un membre de votre fratrie qui annonce une grossesse, ça fait mal.  Très mal. Et ce, même si on sait qu'un jour ça arrivera, que c'est inévitable.

On en veut à la vie, à sa génétique, à Dieu, à qui vous voulez!
On se déteste pour les émotions que nous ressentons...

On a un deuil à faire, mais il est souvent mal perçu. Les personnes concernées peuvent penser qu'on est incapable d'être heureux pour elles ou qu'on est jaloux...  C'est pourtant tellement plus gros qu'elles. Tellement...

Alors on essaie de relever la tête, de lâcher prise, de faire avec...

L'adaptation à cette nouvelle situation, qui comporte le deuil du 1er né, est complexe et ardue...
Pendant que, de notre côté, on est confronté à notre infertilité, à notre incapacité et à toutes les injustices de Dame Nature...
tout le monde est heureux;
tout le monde ne parle que de ce bébé à venir;
tout le monde oublie que nous, nous avons mal et que c'est normal.

J'ai finalement fait mon deuil.  Je me suis adaptée. Non sans perdre des plumes.

J'ai finalement été enceinte et j'ai appris que je portais une fille.

Puis j'ai réalisé...

Ma soeur ayant eu un garçon, j'étais celle qui créait la 4e génération de filles.

Le jour du baptême de Charlotte nous avons immortalisé ces quatre générations.

C'est peut-être ridicule, même superficielle, mais je suis contente.
Je n'ai peut-être pas apporté le 1er né...

Mais j'ai engendré les 4 générations de filles!

Quatre générations de filles
Ma grand-mère maternelle, ma mère, moi et ma fille.


lundi 16 septembre 2013

Le congé de paternité

S'il y a quelque chose qui me fâche, et ce n'est pas récent, c'est le discours de certains hommes concernant le congé de paternité.

Au Québec, il y a deux possibilités.  Le nouveau papa a 3 ou 5 semaines de congé dépendamment de la longueur du congé choisi pour la maman. Mon conjoint et moi avons pris le congé long.  Il avait donc 5 semaines. (Pour plus d'info sur le congé québécois, c'est ici!)

Bref, plusieurs hommes considèrent ce congé comme des vacances.  Ils le prennent plus tard pour faire des travaux ou pour partir en voyage (parfois même sans madame et les enfants).  Ces hommes voient ce congé de façon bien égoïstes et oublient la raison même de ce congé : aider la maman (jour et nuit) et profiter du nouveau-né.

Dernièrement, lors d'une discussion avec mon conjoint, mon père et un représentant avec qui ils font affaire, le représentant disait, tout fier, qu'il partait en vacances pour 2 semaines (sa femme allait être provoquée le lendemain).  Il disait trouver ce congé inutile, mais qu'il le prenait puisqu'on lui proposait. Il disait qu'il préférait travailler parce qu'il aimait ça et que, de toute façon, avant un an, c'est pas trippant un enfant. Mon père, lui, racontait que, dans le temps, il avait reçu une allocation assez conséquente et qu'à son avis c'était bien mieux ainsi...

Ce n'est pas la première fois que mon père tient ce discours devant moi. À chaque fois, je réagis fortement.

Oui, l'argent c'est bien.  Mais avoir son conjoint à la maison, pouvant aider la nuit lorsque bébé se réveille, pouvant nous permettre de dormir un peu pendant la journée, pouvant préparer les repas ou s'occuper du bébé pendant que nous préparons les repas, c'est bien pratique. C'est aussi génial, quand c'est le 2e, le 3e, etc.  Il peut s'occuper des autres enfants aussi.

J'ai l'impression que certains hommes oublient que l'accouchement est exigeant et éprouvant tant physiquement que psychologiquement...  Ce n'est pas le séjour à la maternité qui nous remet sur le piton. Surtout pas au Québec où le séjour est de 1 ou 2 jours si tout s'est bien déourlé. Il nous faut quelques jours/semaines pour trouver notre rythme.

Par le passé, nos mères étaient présentent pour venir nous donner un coup de main pendant les relevailles... De nos jours, elles travaillent nos mamans...  Tout comme nos soeurs et nos amies. L'aide est inexistante, la plupart du temps, si le papa n'est pas là.

Pour moi, le congé de paternité c'est aussi pour le père.  C'est son enfant, non?  Je n'arrive pas à concevoir qu'un homme puisse préférer être au travail plutôt qu'avec son bébé tout neuf.  Le discours tenu par le représentant sonnait à mes oreilles comme "T'as voulu un enfant?  Tu l'as!  Maintenant, ne m'en demande pas trop!  C'est à toi de t'en occuper! Et puis, c'est pas si difficile!".

Mon conjoint n'a pas pu prendre ses 5 semaines d'affilées puisqu'il travaille dans l'entreprise familiale et que mes parents partaient en vacances (prévues avant la grossesse).  Il a prit 2 semaines à la naissance de Charlotte et nous utiliserons les 3 dernières pour aller présenter la petite à sa famille paternelle.

Pendant son congé (les 2 premières semaines de vie de Charlotte), il se rendait régulièrement au bureau l'après-midi... Il s'y est d'ailleurs rendu l'après-midi même de mon retour à la maison (le lendemain de la naissance de Charlotte). Ensuite, pendant les 2 semaines de vacances de mes parents, il partait tôt et revenait tard...  Par chance, il travaille au bout de la rue.  Alors, il venait dîner avec moi à tous les jours. Je l'ai fait sans me plaindre, même si j'aurais aimé l'avoir à la maison, avec moi, sans le voir partir l'après-midi.  Je savais pourquoi nous le faisions...  C'est l'un des sacrifices que nous acceptons de faire quand on s'investit dans l'entreprise familiale. 

Notre seule dispute a d'ailleurs eu lieu à ce moment...  Il m'avait dit, la fin de semaine précédent son retour au travail, que j'allais devoir me débrouiller seule la nuit...  Que lui allait devoir dormir puisqu'il travaillait... Oui... Mais non...  Charlotte dormait à ce moment 1h30, se réveillait pour boire et pour être changée (30 minutes à 1h00) et se rendormait pour 1h30, etc.  Le jour comme la nuit! 

Ce soir-là, j'ai pleuré en allaitant Charlotte. J'étais épuisée, j'avais mal à mon fichu périnée déchiré au 2e degré, l'allaitement était un peu difficile et je broyais du noir parce que je me sentais seule... Je me suis demandée si les gens n'avaient pas raison...  Si je n'étais pas infertile parce que je n'étais pas une bonne maman, parce que je n'étais pas capable de me débrouiller seule et parce que je n'éprouvais pas de plaisir à prendre soins de ma fille! Je la regardais et je me disais que si elle disparaissait, je n'allais pas être affectée plus qu'il le faut... J'avais honte et je culpabilisais...  Après tout ce temps, j'avais l'impression que j'avais fais la pire gaffe de ma vie : faire un enfant.

Je vous rassure!  Maintenant, je vais mieux!  Je suis beaucoup moins épuisée, je considère que Charlotte mérite tous les efforts que nous avons fait et, surtout, je considère que je suis une bonne maman! C'était possiblement un petit "Baby blues"!

Reste que, encore aujourd'hui, c'est un sujet à éviter à la maison.  Il considère encore que ses journées sont plus difficiles que les miennes...  Et moi je maintiens encore que de dormir par bloc de 3 ou 4 heures (et non, elle ne fait pas ses nuits) ne permet pas le repos optimal.  Surtout qu'elle ne dort presque pas pendant la journée!

C'est la seule chose que j'aurais aimé faire différemment... J'aurais aimé, à ce moment, qu'il ne travaille pas dans l'entreprise familiale...  J'aurais aimé qu'il puisse faire comme tous les autres hommes de ma connaissance et rester à la maison...  Je pense que c'est ça qui me fâche : entendre des hommes lever le nez sur le besoin du congé de paternité quand, eux, on la possibilité de le prendre sans être constamment sur la sellette.

Aujourd'hui, on me dit que je suis chanceuse de profiter de ce congé parental pour partir en vacances en France... Déjà, je ne considère pas ce voyage en France comme des vacances.  J'ai 6 jours de vacances sur les 23 où je serai en France.  Et puis, j'aurais préféré avoir mon mari auprès de moi après l'accouchement.

Enfin...

Ce qui me fâche, c'est que les hommes qui tiennent un discours comme ça ne pense qu'à eux... Ils finissent toujours par ajouter, en riant, "Une chance que ma blonde ne m'entends pas..." C'est possiblement qu'un discours machiste...  Peut-être qu'il ne le pense pas réellement... Mais à la longue, ce type de discours pourrait faire en sorte que ce congé disparaisse...

Par chance, je sais que tous les hommes ne pensent pas ainsi...


jeudi 23 mai 2013

1 mois!

Il y a un mois est née Charlotte!

Le dernier mois a coulé tout doucement, mais j'ai l'impression qu'il a filé à la vitesse de la lumière.

Charlotte est un bébé de plus en plus éveillée qui, depuis quelques jours, nous jase et nous souris. On sent que ses sourires sont de plus en plus contrôlés et dirigés. Quel bonheur!

Elle est aussi de plus en plus forte. Elle passe aisément de la position coucher sur le côté à la position coucher sur le dos. Lorsqu'on la couche sur nous, ventre contre ventre, elle lève la tête pour nous regarder. Elle peut la garder lever pendant plusieurs secondes.

Par contre, elle ne contrôle définitivement pas ses petites menottes!  Et ça, c'est très frustrant pour elle.  Elle se donne des coups en plein visage et elle n'arrive pas à mettre ses doigts dans sa bouche lorsqu'elle le désir.  La pire situation est survenue hier.  Alors que je changeais sa couche, elle s'est mise à hurler.  Je voyais qu'elle avait mal, mais je ne voyais pas pourquoi...  jusqu'à ce que je vois sa petite main refermée sur le côté de sa tête. Elle avait agrippée ses cheveux et les tirait.  Pas facile d'avoir des cheveux si long à cet âge.  J'ai mis au moins une minute avant de réussir à lui faire ouvrir la main...  Pauvre cocotte!

La fatigue et le bébé-blues ont aussi été au rendez-vous. Je m'ennuie parfois de mon ventre.  J'hésite d'ailleurs à me départir de mes vêtements de maternité. Je les ai rangé dans une boite pour une seconde grossesse. On ne sait jamais!

Finalement, certaines nuits ont été très courtes. Dont la nuit dernière.  Elle a été bien réveillée entre 1h45 et 4h00.  Elle jasait, souriait, me regardait et criait lorsque je la posais dans son lit.  1 mois, c'est jeune pour comprendre le concept jour/nuit.

Voilà, Charlotte a un mois!
Et c'est un bébé parfait!

C'est un bébé fait sur le long...
À 1 mois, elle porte encore un chapeau pour nouveau-né...
Le 0-3 mois commence tout juste à lui faire!


mardi 14 mai 2013

Un beau cadeau pour Charlotte et la PMA au Québec!

Charlotte a reçu un beau cadeau pour célébrer sa 3e semaine!

Un pédiatre!

Dans LA clinique que nous espérions!

Elle n'est pas trop loin de la maison, offre un service de "consultation" téléphonique pour les petites inquiétudes des parents et, surtout, conserve des plages de rendez-vous pour les consultations en urgence lorsque bébé (ou l'enfant) est malade!  Pas besoin d'aller attendre pendant des heures dans une clinique sans rendez-vous ou, pire, à l'urgence de l'hôpital!

Je suis vraiment contente!
Un stress de moins!

* * * * *

Parlons PMA maintenant...

Présentement, au Québec, le programme sur le remboursement de la procréation assistée est de retour sur les tribunes. Le ministre de la santé à lancer une consultation publique concernant le dit programme. Un journal mentionne d'ailleurs que la gratuité du programme pourrait être remis en question (ICI). Aujourd'hui, le ministre de la santé, dans un communiqué de presse, a indiqué que "l'objectif du mandat conféré au Commissaire à la santé et au bien-être est de me fournir un avis principalement sur les enjeux éthiques et sociaux et les balises qui pourraient - le cas échéant - encadrer le programme, compte tenu notamment de l'évolution extrêmement rapide de la technologie".

Les médias, eux, ne se gênent pas pour le remettre en question...  Les propos de monsieur - madame tout le monde sont généralement très peu glorieux.  Pouvons-nous espérer mieux de ceux qui ne connaissent rien à l'infertilité ainsi qu'au programme québécois de procréation assistée et qui, justement, ne font rien pour en savoir plus? Certains soutiennent que "avoir un enfant" n'est pas un droit, mais un privilège. Je suis en profond désaccord avec l'idée que d'avoir un enfant est un privilège.  Un privilège pour qui?  Uniquement pour les infertiles?  Et les fertiles eux? C'est Dame Nature, Dieu ou une autre divinité qui leur a octroyé ce privilège? Ils ont le privilège d'avoir tous leurs organes qui fonctionnent?  Je suis aussi mitigée avec l'idée que d'avoir un enfant est un droit.  Un droit pour tous?  Peu importe l'âge, les conditions médicales, etc.  Et là, loin de moi l'idée de statuer des critères entourant l'accessibilité à la PMA. Par contre, je considère qu'une personne ayant un dysfonctionnement, voire une maladie, est en droit de se faire soigner.

Ce midi, nous avons regardé un court débat, chéri, Charlotte et moi.  J'ai eu le vertige.  Si ce programme n'avait pas été mis en place en 2010, si Julie Snyder et l'ACIQ ne s'étaient pas battu pour notre cause, Charlotte ne serait pas parmi nous.

Je comprends, et je suis d'accord, qu'il est important d'en discuter, de revoir le programme dans la façon dont il est administré. La preuve c'est que moi-même j'émets plusieurs questionnements. Et puis, tous les programmes doivent être révisés!  C'est la moindre des choses. Mais, il subsiste tout de même une petite crainte en moi. Et si le programme, à la suite des consultations, était abolit? Et si on m'envoyait une facture salée pour mes 5 embryons sur la banquise? Et si...

J'ai l'intention de déposer un témoignage.  Peut-être même de leur envoyer mon essai si je réussis à le terminer à temps (c'est pas gagner par contre!!).  Lecteurs québécois, si vous désirez vous aussi déposer un témoignage, vous pouvez le faire ICI.


vendredi 3 mai 2013

Un bébé comme dans les livres

Je passe rapidement!

Charlotte, selon la pédiatre qui l'a examiné à l'hôpital, aurait pu servir d'exemple dans les livres :

Sinon, c'est un bébé qui dort bien et qui pleure peu.

Elle prend bien le sein et, à une semaine de vie, avait déjà dépassé son poids de naissance (3kg440 à la naissance et 3kg520 une semaine plus tard.).

De mon côté, je vais bien.  J'ai bien eu un petit blues quelques jours après la naissance, mais chéri a bien géré.

La météo est belle.  Nous en profitons pour aller nous promener avec la petite.  Ça fait du bien à tout le monde!



lundi 29 avril 2013

Nous sommes une famille!

Le 23 avril 2013 à 1h21 am, Charlotte est née!

Un accouchement parfait, mais vraiment intense dont j'ai encore de la difficulté à me souvenir...  En fait, tout me revient par brides.

La première contraction est survenue aux alentours de 22h00...  Le 22 avril!  Je n'étais pas certaine que c'était ça.  Ça ressemblait beaucoup à mes Braxton-Hicks, avec la même douleur à la vessie que je ressentais dans les dernières semaines.  En fait, c'était plus inconfortable qu'autre chose. Une seconde à suivi...  Puis, j'ai décidé de mettre en marche l'application que j'avais téléchargé pour les noter.  Je les trouvais rapprocher et j'avais envie d'essayer l'application!

J'ai enregistré la première 22h08.  Elle a fait mal, mais était parfaitement gérable avec de bonnes respirations.  La suivante a suivi 6 minutes plus tard.  Puis, elles se sont enchaînées rapidement.  Certaines au 5 minutes, d'autres à la minute.  Certaines d'une durée de 90 secondes, d'autres de 30 secondes.

J'ai décidé de prendre un bain pendant que chéri finalisait les valises, dont celle du chien, au cas où!

Le bain n'a fait qu'accélérer les choses.  Elles se sont intensifiées et rapprochées. J'y suis restée 5 minutes, tout au plus!

À 23h15, nous quittions la maison pour nous rendre à l'hôpital.  Dans la voiture, chaque trou, chaque bosse déclenchait une contraction.  Les rues de ma ville étant ce qu'elles sont, autant vous dire que j'étais presque constamment en contraction. Par chance, nous habitons à moins de 10 minutes de l'hôpital et, à 23h00 passé, il n'y a pas de circulation!

À 23h25 environ, nous sommes arrivés à l'hôpital.  L'entrée principale était fermée!  Il a donc fallu passer par les urgences!  N'ayant jamais été à l'hôpital pendant la nuit, je ne savais pas où étais la porte des urgences.  Heureusement, elle n'était pas très loin!  Par contre, le pavillon des naissances, lui, est éloigné dans l'hôpital!  Je devais arrêter à chaque 10 mètres environ pour laisser passer une contraction.  Les patients attendant aux urgences me regardaient intensivement!  On a même entendu quelques commentaires du type "Ouf, il y en a une qui va accoucher cette nuit!"

À l’accueil du pavillon des naissances, les infirmières étaient en changement de chiffre...  Ne m'étant pas annoncé (pas le temps, j'étais persuadée que si je téléphonais pour m'annoncer, j'allais devoir téléphoner le 911 pour faire venir l'ambulance!), on me fit un peu attendre.  Devant les infirmières, j'ai eu 3 contractions de plus de 45 secondes, en moins de 10 minutes.

Finalement, une infirmière qui semblait trouvé que j'en faisais beaucoup pour un début de travail m'installa dans une chambre pour un monitoring.  Puis, elle m'indiqua qu'elles étaient en changement de chiffre et que, puisqu'elle ne croyait pas que j'allais accoucher maintenant, elle n'allait pas m'examiner plus en profondeur.  Que, de doute façon, elle, elle avait fini son chiffre!

Petit rappel : la première contraction remontait à 22h00, donc environ 1h30 plus tôt...

Pendant 30 minutes, je suis restée étendu...  30 minutes d'enfer!  J'arrivais difficilement à me concentrer sur ma respiration. Je me tortillais et serrais la main de chéri très fort pendant les contractions.

Quand enfin l'infirmière (Marie-Hélène) est entrée dans la chambre, je me suis exclamée : "J'avais hâte que t'arrives!". Vous auriez dû voir sa tête! Elle regarda le monitoring qui avait à peu près rien capté...  Les capteurs s'étaient déplacés pendant les contractions.

Elle me dit, après l'accouchement, que lorsqu'elle m'a vue, en entrant dans la chambre, elle a su que je n'en avais plus pour très longtemps et que sa collègue avait vraiment sous-estimée la situation.  

Elle procéda à un touché vaginale et elle m'indiqua que j'étais dilatée à 5 (il était minuit, environ).  Grand moment de découragement pour moi.  J'avais des contractions à la minute...  Je me disais que si les femmes dilataient de 1 cm par heure et que mes contractions se poursuivaient à cette fréquence, ça ne serait pas possible sans péridurale!!!  J'avais la nausée, j'avais envie de pleurer, je n'arrêtais pas de m'excuser (pourquoi? je sais pas, par contre!)...

Elle commença mon admission à l'hôpital.  Elle a procédé à ma prise de sang et me demanda si je désirais qu'elle installe immédiatement la perfusion pour le soluté si jamais je prenais la péridurale.  J'hésitais, alors elle me dit d'y penser.  Elle alla me chercher le ballon d’exercice et j'entrepris quelques mouvements.  Les contractions étaient vraiment très fortes et très rapprochées.  Je n'arrivais pas à me concentrer sur ma respiration.

On m'expliqua par après que mes contractions duraient plus de 60 secondes et que, entre chacune d'elle, j'avais moins d'une minute pour me reprendre!

Le médecin arriva (Dre P.) et m'examina.  Il était 00h45 environ.  J'étais dilatée à 8.  Elle me dit que, selon elle, j'allais commencer à pousser dans environ 30 minutes.  Elle quitta la chambre.

Plus question de péridurale...  Il était trop tard, de tout façon!

J'ai repris le ballon.  Chéri me massait le bas du dos.  Le message ne m'aidait pas, mais sentir ses mains dans mon dos m'aidait à me concentrer sur autre chose pendant les contractions.

15 minutes plus tard, je n'en pouvais plus!  Je me suis assise sur le lit...  J'avais envie de pousser!  Je poussais!!!  C'était incontrôlable.  Ça venait tout seul!

Rapidement, Marie-Hélène m'allongea pour m'examiner...  J'étais à 10!!!  On voyait la tête du bébé!

Pour info, je porte encore mon chandail et mon soutien-gorge ET la poche des eaux n'a pas encore crevée!

Branle bas de combat dans la chambre. Elle demande une seconde infirmière et le médecin immédiatement. Rapidement, elle prépara les instruments pour l'accouchement (à mon hôpital, nous accouchons dans notre chambre).   L'infirmière arriva tranquillement... Elle avait avisée Dre P., mais ne lui avait pas dit que nous avions besoin d'elle IMMÉDIATEMENT!!!  Marie-Hélène s'énerva.  Elle lui dit : "C'est beau je vais m'en occuper!".  On sentait bien exaspération et l'urgence de la situation.  La seconde infirmière partie rapidement chercher Dre P.

Tout le monde croyait encore au poste des infirmières que le travail serait long...  Marie-Hélène n'avait pas eu la chance d'y retourner depuis qu'elle avait mis les pieds dans ma chambre.  

Marie-Hélène me demanda si je tenais à mon chandail.  Puisque c'était mon préféré, elle et chéri me l'enlevèrent (et mon soutien-gorge aussi).  Ils me glissèrent un piqué sous les fesses, non sans difficulté...

Quelques minutes plus tard Dre P. entra et leur dit que j'aurais pu commencer à pousser.  Marie-Hélène s'écria "Non!  Le bébé est là!  Moi je prends pas de risque à ce stade!".  Dre P. regarda et s'exclama qu'en effet, elle avait raison!

Elle creva la poche des eaux et 10 poussées plus tard (soit moins de 14 minutes), je tenais Charlotte dans mes bras.

Nous avons fait 3 heures de peau à peau, elle et moi.
Elle prit le sein 30 minutes après l'accouchement, et ce, sans aucune difficulté!

Après l'accouchement, j'ai vu l'état de la chambre!  Mes chaussures étaient d'un côté, ma petite culotte (avec son protège-dessous!) sur une chaise, mon chandail et mon soutien-gorge en tas dans un coin...  En plus, nous n'avions pas nos valises et donc, pas d'appareil photo pour immortaliser les premières minutes de vie!  Mais ce n'est pas grave, tout est gravé dans notre tête.

Nous sommes revenu à la maison le 24 en après-midi!

Charlotte est un bébé parfait!
Je reviendrai vous parler de ses premiers jours!