Depuis 5 ans, le temps des fêtes a toujours été un dur moment à traverser. L'infertilité s'est toujours invitée aux célébrations. Si ce n'était pas chéri ou moi qui l'invitions, c'était un membre de la famille qui nous en faisait la surprise! Il est même arrivé que l'infertilité s'invite d'elle-même! Elle se cachait, puis, à un moment inattendu, criait "SURPRISE".
L'infertilité se considérait et se considère encore comme une amie intime, comme un membre important de la famille!
Alors, on anticipait les moments des célébrations et, très souvent, on a eu envie de fausser compagnie à tous les êtres qui nous sont chers. On espérait ainsi fuir l'infertilité, mais nous savions pertinemment qu'elle nous aurait suivi, trop contente d'avoir toute notre attention!
Le temps des fêtes était l'occasion, pour nous, de sortir nos beaux masques de "bonheur". On souriait, riait et on s'afférait a aider l'hôte et l'hôtesse autour de la table ou des breuvages. On évitait de trop se regarder, question que le masque tienne bien en place. Si on se regardait, l'infertilité apparaissait avec une affiche sur laquelle il était écrit :
Les personnes vivant l'infertilité savent, ici, exactement ce que nous ressentions! D'ailleurs, certaines blogueuses ont déjà commencées à aborder le sujet. Je vous recommande d'ailleurs la lecture de "
Passer à travers le temps des Fêtes!" et de "
Eat, drink and be merry - or don't : An infertility holiday survival guide" (an anglais). Pour les autres, la difficulté du temps des fêtes se résument à plusieurs petits ou gros éléments confrontant tel que :
- L'achat des cadeaux de Noël pour les neveux-nièces nous obligeant à nous rendre dans des boutiques que nous nous interdisons généralement pour notre propre santé mentale.
- Les femmes enceintes ou les couples accompagnés de bébé que nous croisons dans les magasins.
- Les Père-Noël dans les centres commerciaux et tous ses enfants attendant de pouvoir s’asseoir sur ses genoux et prendre une photo avec lui...
- Notre sapin de Noël sous lequel nous aurions bien aimé déposer quelques cadeaux pour notre enfant.
- L'annonce d'une grossesse et la phrase qu'on se répète en boucle à soi-même "ça aurait dû être nous!"
- La femme enceinte qui jase de sa grossesse avec les membres de sa famille éloignée (tout à fait normal)
- Les questions et recommandations provenant de l'entourage.
- Les cadeaux pour un bébé présent uniquement dans nos pensées.
- Les moments avec chéri, devant le feu de foyer et la neige tombant en arrière plan, où on fait le bilan de l'année... De ce que l'on a... De ce que l'on a pas... Encore...
- Et surtout les souhaits d'un beau bébé pour l'an prochain...
Le dernier point est certainement l'un des plus pénible (après les cadeaux pour le bébé non-existant) pour la personne infertile. Ce souhait est synonyme d'échec à combler son propre désir ainsi que le désir de la personne en face de soi! C'est aussi interprété comme "Je te souhaite un bébé parce que c'est ça qui te rendra heureux... Sans ça, ça ne sert à rien de te souhaiter de la santé, de l'amour et du bonheur!". Un peu comme on souhaite un amoureux à la personne célibataire. Comme si notre bonheur ne pouvait que passer par un bébé ou un amoureux.
Pour résumé, tout nous rappelle notre situation d'infertile (un objet, une personne, nous-même, etc.). Même si on s'isole, on y pensera! Et la solution "Lâchez prise et ne pas y penser", ça ne fonctionne pas! Notre seul moyen est d'éviter les réunions où il y a trop d'enfants, trop de femmes enceintes et où les discussions risques de tourner autour des bébés. Nous connaissons notre entourage et nous savons pertinemment qui provoquera (intentionnellement ou non) de la colère, du chagrin ou de l’apaisement Et puis, on ne peut pas empêcher les gens de discuter d'un sujet se rapprochant, de près ou de loin, aux bébés et à la fertilité. Ce serait très ingrat de notre part. Par contre, nous nous pouvons les éviter et nous respecter!
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Photo tirée d'internet
Un moment qui peut être très difficile. Malheureusement, je connais
certaines personnes ayant fuit les célébrations familiales, ayant noyé leur chagrin
dans l'alcool ou ayant endormi leur douleur avec des calmants. |
Bref, le temps des fêtes étaient toujours un moment difficile pour nous. J'imagine que ça paraissait parce qu'on a très peu de photos de nous pendant ces périodes. Quand je dis peu, c'est 1, voir 2 (et pas des photos de couple puisque nous nous évitions du mieux que l'on pouvait pour penser à autre chose).
Est-ce nous qui avons fuit l'appareil photo?
Est-ce les photographes qui voyaient que notre douleur aurait gâchée les photos?
Est-ce moi qui a évité les photographes parce que j'avais honte de mon apparence et des 10 kg pris dans les dernières années (merci pma!)?
C'est triste de ne pas avoir de belles photos de couple.
Je vois encore mon cher mari expliquer à sa grand-mère (décédée en début d'année) que non, nous n'avons pas de photos de nous à lui envoyer... Qu'on y a pas pensé...
Par contre, (je m'excuse immédiatement auprès de ma belle-famille) nous étions bien heureux de ne pas être en France et d'éviter, ainsi, tous les neveux et nièces. Ce n'est pas qu'on ne les aime pas! C'est simplement que, pour nous, participer aux célébrations françaises aurait été comme de la torture mentale.
Note aux lecteurs, nous avons 7 neveux-nièces en France dont 6 qui sont nés depuis le début de nos essais. 6 bébés en 5 ans! Le pire cauchemar de la personne infertile... Comprenez-vous maintenant pourquoi la distance n'était pas tant que ça un poids pour nous?
Finalement, je dois avouer que le temps des fêtes 2011-2012 a été le plus difficile. Ma soeur étant sur le point d'accoucher, la confrontation à la grossesse-maternité-fertilité était à son paroxysme Nous avions été bien protégé par le passé, c'était fini! Jusqu'à 17h00, le soir du 31 décembre, nous avons pensé annuler notre présence aux célébrations de la St-Sylvestre.
C'est probablement pour toutes les raisons énumérées ci-haut que les gens qui nous entourent nous considèrent comme des infertiles aigris et incapable de "profiter" du bonheur des autres. Sommes-nous réellement aigris? Je ne pense pas! Je pense qu'on apprend simplement à se protéger de Dame Nature et de la vie qui suit son cours...
Tout ça pour dire que, cette année, nous avons un peu plus hâte aux temps des fêtes. On sait qu'on nous parlera bébé et que nous nous enfoncerons un peu plus dans la réalité "Nous allons être parents!". Et, même si on sait que l'infertilité s'invitera (une bonne amie, ne vous quitte jamais aussi facilement!) et provoquera des émotions douces-amères, notre bébé nous réconfortera.
À celles qui passeront Noël le ventre vide, encore une fois, je vous souhaite un temps des fêtes légers, agréables et emplis de respect.