jeudi 5 juillet 2012

Fertilité 39 : Et toi, tu paies combien tes traitements en pma?

Dernièrement, j'ai publié un billet vous parlant de ma pharmacie : là!  Ce billet a suscité beaucoup de réactions (mes stats ont explosées, entre autre).  Puis, un blogueuse, Monoï, pour ne pas la nommer, a posé une question tout à fait pertinente :
Tu dois payer ton traitement? Il n'y a pas de 100% (sécurité sociale et mutuelle)?
J'avais entrepris de lui répondre.  Puis, je me suis rendue compte que c'était long et que je coupais court à certains endroits.  J'ai donc décider d'en faire un billet, question d'offrir une réponse plus complète!  Plusieurs de mes lecteurs (lectrices!) habitent en France ou ailleurs en Europe, alors pourquoi ne pas en faire profiter tout le monde.  Et puis, je suis persuadée que certains lecteurs québécois (et peut-être Canadien) trouveront les informations intéressantes!

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Alors, comment ça fonctionne au Québec?

Au Québec, on ne paie pas nos traitements depuis 2010 (pour plus de chronologie historique, voir ce billet de Matisse). Je précise au Québec parce que la santé relève du provincial au Canada, mais est régit par certaines lignes directrices fédérales. Tous les canadiens peuvent aller à l'hôpital sans sortir d'argent de leur porte-feuille.  Par contre, les services offerts ne sont pas nécessairement les mêmes.  Les traitements jugés comme étant non-essentiels et posant des questionnements plus éthiques dus à certaines valeurs ne sont pas toujours couverts. L'avortement (et oui, malheureusement...) et la procréation assistée font partis de ces exceptions.  Le Québec est le seul en Amérique a couvrir à 100% la procréation assistée.  Par contre, ce programme demeure très controversé.  Il faut d'ailleurs éviter de lire les commentaires du grand public sur ce sujet...  

La gratuité (peut importe le service offert) couvre uniquement les actes médicaux.  En gros, tout ce qui implique un médecin, un infirmier, un laborantin, un physiothérapeute, etc. est couvert.  On sort notre carte d'assurance-maladie (communément appelé "carte-soleil" à cause du soleil sur la carte), la secrétaire l'a scan ou prend une empreinte et nous recevons le service attendu.  Il n'y a pas de contributions (remboursables ou non), ni de ticket modérateur lors de la consultation. Seul la carte-soleil est nécessaire.  Ce système de carte est identique dans toutes les provinces.

Les médicaments, eux, relèvent d'une assurance-médicament (publique ou privée).  C'est là que ça se complique...  C'est là qu'on doit sortir notre porte-feuille!  Voici ce qu'il faut savoir :

  • Assurance publique :
Si aucune assurance n'est offerte par l'employeur, nous devons nous inscrire à l'assurance gouvernementale.  C'est obligatoire.  Tous les canadiens doivent avoir une assurance médicament! 
Il y a un prime annuel à payer via nos impôts.  C'est la contribution minimale. 
Il y a un plafond annuel concernant la contribution du particulier de 992$. 
Il y a un plafond mensuel concernant la contribution du particulier de 82,66$.  
Il y a une franchise maximale par médicament à payer, mensuellement, de 16,25$.  Ainsi, peu importe combien coûte le médicament que tu sors, il t'en coûtera 16,25$.   
Donc un médicament ne peut être payé plus que 16,25$.  Mensuellement, le 6e médicament environ et les suivants sont couverts à 100% . (5 X 16,25 = 81,25$).

  • Assurance privée :
Si l'employeur offre une assurance médicament, nous sommes dans l'obligation d'y souscrire. 
Si l'employeur du conjoint (conjoint de fait ou marié...  on n’a pas les PACS ici) offre une assurance médicament, nous sommes dans l'obligation d'y souscrire.
Il y a une cotisation a payer à chaque mois.  Cette prime varie selon l'assureur, selon la couverture offerte et selon la contribution de l'employeur. Elle est déduite de la paie avant impôts.
Il y a un plafond annuel concernant la contribution du particulier de 992$.
Il n'y a pas de plafond mensuel. 
Les médicaments sont couverts selon un certain pourcentage (généralement de 70 à 100%).  La balance est payé par l'assuré (jusqu'à un maximum de 992$ dans l'année).

Concernant ce qui est couvert et ce qui ne l'est pas...  
Le fédéral (santé-Canada) émet une liste de médicament autorisé au Canada. 
L'assurance publique émet une liste de ce qui est couvert (le clomid, par exemple, n'est pas remboursé...  En tout cas, il y a 2 ans, il ne l'était pas).   
L'assurance publique détermine quels sont les médicaments d'exceptions.  Ces médicaments nécessitent une justification auprès de l'assureur soit parce qu'ils sont très dispendieux, soit parce qu'ils sont à haut risque de dépendance. 
L'assurance privée est dans l'obligation de couvrir les mêmes médicaments que l'assurance publique.  Elle ne peut donc pas refuser un traitement si ce dernier est couvert par l'assurance publique. 
L'assurance privée, pour être plus attrayante puisque ça coûte généralement plus cher, offre des services additionnels : dentiste, lunette, psychologue, physio, ostéo, assurance-vie, assurance-voyage, assurance en cas d'absence maladie prolongée... Au final, c'est souvent bien plus intéressant. 
L'assurance publique n'offre pas ces services additionnels.  Il faut donc payer la facture et mettre ces dépenses sur notre rapport d'impôts à la fin de l'année pour obtenir une déduction. (Je ne rentre pas dans les détails pour les personnes âgées ou vivant du bien-être social (RSA) pour qui ça fonctionne un peu différemment. Je ne rentre pas dans les détails n'ont plus d'une personne qui doit voir un physio et qui le voit dans un hôpital et non dans une clinique privée)

Avec l'assurance publique, il faut partir du principe que se sont des gens avec des salaires moins élevés (généralement des travailleurs de pme, des travailleurs autonomes ou travaillant au salaire minimum (SMIC)) ou vivant avec le bien-être social (RSA).  Par conséquent, les gens n’ont pas les moyens d’avancer 992$ d’un coup, d’où le plafond mensuel.

C'est, grosso modo, le fonctionnement de l'assurance-maladie et de l'assurance-médicament au Québec (à quelques exceptions près).  Ce que ça signifie pour la pma, dans le concret, c'est que :
  • Les actes médicaux sont couverts
  • Si notre assurance-médicaments est privé, lorsqu'on va à la pharmacie chercher nos hormones et qu'on a rien payé jusqu'à présent, la facture peut s'élever à un maximum de 992$.
  • Si notre assurance-médicament est au public, la facture ne s'élèvera pas à plus de 82,66$ (si on récupère les hormones dans le même mois).

De plus, en PMA, le gynécologue pose le diagnostic et nous prescrit le traitement.  Il n'y a pas de comité chargé d'analyser notre dossier.  C'est le médecin qui prend la décision et qui nous met sur la liste d'attente.

Suite à l'instauration du programme québécois de procréation assistée, les listes d'attente pour les FIV sont montés très rapidement : d'aucune attente, nous sommes passée de 8 mois à 1 an d'attente.  Maintenant, c'est beaucoup mieux.  Il y a entre 2 à 6 mois d'attente (selon la clinique) pour une FIV.  Pour les TEC, c'est moins de 2 cycles...  Et pour les IAC, il n'y a pas d'attente.

Finalement, le programme encadre énormément les actes.  À partir d'un certains nombre de follicule en IAC, cette dernière est soit annulée ou transformée en FIV.  En FIV, ils ne peuvent mettre plus d'un embryon (sauf pour des conditions particulières tel l'âge de la mère, la qualité des embryons ou le nombre d'échec FIV/TEC précédent), alors ça ne sert à rien de demander et d'insister.

Ainsi, à la question "Et toi?  Tu paies combien des traitements?", on peut répondre:
  • "Rien du tout", si on ne parle que des actes médicaux...  
  • "Un maximum de 82,66$ si je récupère toutes mes hormones le même mois!" (Notre cas présentement)
  • "Un maximum de 990$ selon le protocole et les médicaments que j'ai pris dans l'année." (Ce que j'ai vécu à FIV#1)
Lecteurs québécois : n'hésitez pas à me corriger si j'ai fait des erreurs!

Lecteurs étrangers : J'espère vous avoir aider à mieux comprendre le système québécois.  N'hésitez pas à poser des questions ou à me faire part de votre système!

En passant, c'est ce soir que je débute l'estrace!
C'est parti mon kiki!  Ne manque que le coup d'envoie du J1!

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mardi 3 juillet 2012

Fertilité 38 : Le camping ou aperçu du système familial

La photo rend mal l'endroit.  Malheureusement...
La fin de semaine dernière, nous sommes partis en camping.  C'était un long week-end dû à la fête du Canada.  Nous adorons le camping!  Surtout avec la tente roulotte pour Yvon.  Ça nous permet de nous ressourcer.  On est loin de tout (en fait pas tant que ça cette fois-ci), généralement le cellulaire ne rentre pas (pas cette fois-ci), et les distracteurs comme la télévision, le ménage et toutes les petites tâches domestiques sont éliminées de notre quotidien pendant 3 jours.

Cette fois-ci, nous sommes allés à Coaticook.  Vous vous doutez qu'on a profiter d'être là pour aller manger de la crème glacée à la laiterie si populaire (2 fois plutôt qu'une même!).

Petite randonnée dans la section "tente"
C'est un camping familial et relativement calme.  Je dis relativement calme, parce qu'un camping familial est calme selon le type de campeurs.  Les règles étant beaucoup moins strictes que dans les parcs fédéraux ou provinciaux.  Donc, il y a les campeurs (et leurs enfants) qui ne sont pas très bruyants ("Si tu veux me parler, tu viens me voir!") et d'autres pour qui ça n'a pas vraiment d'importance.  Les enfants peuvent être à 30 mètres de leurs terrains et crier:
"MAMAAAAAAN!!!  MAMAAAAAN!  JE M'EN VAIS À LA FERME!".

Généralement, dans ce cas, les parents ne sont guère mieux...  Ils répondent "PARFAIT!!!  MAIS REVIENS DANS 15 MINUTES!  LE SOUPER EST PRESQUE PRÈS!"

Parfois, on a même droit au menu du repas si l'enfant demande ce qu'il va manger...

Bref, à gauche, à droite et en avant de notre terrain, nous avions les premiers.  Des enfants de 2 ans à 14 ans!  Le bonheur!

Derrière nous (3 emplacements regroupés ensemble permettant des vacances entre amis
ou en famille), c'était le deuxième scénario.  À la fin du week-end, je connaissais le nom des 10 enfants (si, si, 3 couples dans la 40aine, pour un total de 10 enfants âgé de 4-5 ans à 13 ans environ).  De plus, je sais exactement ce qu'ils ont mangé et ce, pour chacun de leur repas.

Là où je veux en venir, c'est que le camping est un bon indicateur de la vie familiale et de la structure qui y règne.  On y voit les non sens...  Comme :
  • Aller à la douche avant le souper (vers 17h00), mettre à ses enfants des vêtements propres, leur interdire de se salir...  Notons ici, qu'ils n'ont pas manger et que le coucher est prévu (dans leur cas) vers 21h00 et qu'on est en camping!  Par conséquent, par terre, c'est de la terre!
  • Insister pour que les enfants boivent exactement la même chose qu'à la maison alors que leurs amis (assis à la même table et mangeant le même repas) peuvent boire ce qu'ils veulent.
  • Coucher les enfants à 21h00 (heures du coucher à la maison) alors que tous les enfants du camping sont encore dehors à jouer.
Ils sont arrivés en même temps que nous et ont quittés le même jour que nous...  Les enfants se sont fait punir plus qu'une fois et l'une d'elle a même manqué de vêtements ayant sali tous ceux apporté par sa mère.  

Le seul matin calme fut le matin de notre départ.


Pourquoi je vous raconte tout ça?  Ça n'a pas vraiment de lien avec l'infertilité, vous me direz!  Et bien, vous vous trompez!  Quand on vit l'infertilité et la pma, TOUT a un lien avec l'infertilité!

Déjà, en 5 ans et demi d'essaie, on a le temps de clarifier ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas.  On s'accorde sur certaines valeurs, certains concepts.  N'oubliez pas que chéri et moi n'avons pas reçu la même éducation...  Moi américaine, lui européenne.  Ça peut sembler banal, mais certains éléments peuvent ne pas s'accorder.  Il en serait de même si l'un de nous avait grandi en ville et que l'autre avait été éduqué à la campagne...  Ha oui...  J'ai oublié de le précisez...  Lui a grandit en France, dans un minuscule village, au milieu des champs et moi au Canada, en banlieue de Montréal, dans un quartier résidentiel!

Alors, quand on observe les "déjà parents", on discute, on se confronte, on statue de ce qu'on veut pour nos enfants!  C'est l'avantage du délais...  On se prépare!

Je vous entend dire "C'est pas si simple, vous verrez, quand vous serrez parents!  Vos beaux discours, vos bonnes intentions,..." et bla bla bla.  Comme si tout était immuable, inchangeable.  À ce compte là, je n'aurais jamais eu de travail en relation d'aide...  Les familles auraient toutes été des causes perdues d'avance.  Appelons la protection de la jeunesse et plaçons ses enfants dans des familles d’accueil qui elles sont avantagées puisqu'elles savent s'y prendre!

Je sais que tout n'est pas rose, que quand nous aurons un enfant, nous serons comme tout nouveau parent : en apprentissage!  Je sais que certains éléments se seront perdu en cours de route...  Que la fatigue et l'impatience aura raison de nous, à l'occasion, peut-être même souvent...  Mais une chose est certaine, nous choisirons nos batailles! La douche avant le souper n'aura pas lieu...  sauf si nous apportons les vêtements additionnels pour être en mesure de les changer 4 fois dans la journée!

Petite pause fraîcheur pour Molly!