vendredi 6 avril 2012

Fertilité 23 : L'Église catholique et la fertilité

Voilà un sujet controversé...  Et j'ai longuement hésiter à cliquer sur "publier"...  Mais il est d'actualité, puisque nous sommes présentement en plein congé pascal...


Je n'aborde pas ce sujet pour vous convertir!  Vous verrez, après la lecture, que c'est pas avec ça qu'une conversion sera possible.

Je ne suis pas une fervente catholique pratiquante.  Loin de là même!  Généralement, je vais à l'Église qu'une fois dans l'année : à la messe de minuit de Noël (même si l'an dernier on y est pas allé...  pour plusieurs raisons dont celles qui seront énumérées plus bas).  J'ai été baptisé, j'ai fait ma première communion et ma confirmation.  Je me suis mariée à l'Église.  Pas pour des considérations religieuses, plus parce que c'est comme ça et que, de faire un mariage au palais de justice, c'était pas trop notre truc.

D'autre part, je prône un état laïque où le gros bon sens prendrait le dessus à toutes croyances... Mais je suis consciente que j'habite dans un pays où la religion catholique est dominante.


Depuis que la procréation assistée existe, il y a des débats sur ce sujet.  C'est lors des débats entourant la gratuité que nous y avons été confronté, chéri et moi. Nous avons entendu des propos et lu des commentaires plutôt radicaux qui, parfois, nous blessaient. 


Mgr Lépine
Par conséquent, j'avais envie d'écrire sur ce sujet depuis quelques temps.  J'avais envie vous nommez ce que vous n'avez sûrement pas entendu puisque votre attention était ailleurs...  Mais je ne trouvais pas de moment approprié. Puis, contre toute attente, dimanche soir dernier à "Tout le monde en parle", Guy A. Lepage et son invité, Monseigneur Christian Lépine, m'ont offert sur un plateau d'argent l'occasion d'en parler...


Ils n'ont pas parlé de la procréation assisté.  De toute façon, même si le sujet avait été mis sur la table, Mgr Lépine aurait offert une réponse sans réponse.  C'est ce qu'il a fait tout au long de l'entrevue.  Pour voir l'entrevue, cliquez ICI.


Bon...  Je sais que vous êtes impatients de connaître l'opinion de l'Église catholique sur ce sujet, alors j'y viens!  Pour débuter, il est important de savoir que l'Église n'est pas unie sur ce sujet...  Dans toutes les religions c'est comme ça...  Il y a des extrémistes et des très modérés...  Il y a des gens à droite, au centre et à gauche!

Certains représentants de Dieu (et leurs brebis) sont contre la FIV parce que l'embryon est conçu en dehors du corps humain...  Les parents-aspirants demandent à "des gens de laboratoire (de faire) ce qu'ils sont incapable de faire eux-même. (...) Des procédures techniques prennent la place de la rencontre amoureuse des époux pour tenter de donner la vie. " (Bonnewijn, O.). J'imagine qu'ils sont aussi, en quelque sorte, contre les IAC puisque le sperme est lavé avant l'insémination, il n'est donc pas "pur".

Honte à nous, mon chéri...  Nos enfant ne seront pas conçus dans l'amour...  Ils ne seront pas le fruit de notre rencontre amoureuse! Ils ne seront pas un don de Dieu... Ils seront un don de la Science! Je n'en ai aucun remord!

De plus, cet homme (Bonnewijn, O.) sans enfant, de tout évidence, indique que les conjoints sont blesser par cette substitution, mais qu'ils n'osent pas l'avouer...  Ils seront heureux de l'enfant résultant de cette procédure, mais ils vivront avec un lourd poids, toute leur vie, soit la honte ou la culpabilité (commentaire de l'une des lectrices).

Culpabilité ou honte?  Non...  Je pense pas que je vivrai avec ces sentiments.  Peut-être que si j'étais très très très croyante, j'aurais peur de ne pas pouvoir aller au paradis à cause de cet acte.  Mais ce n'est pas le cas.  Je n'ai pas de malaise à confier cet acte à une personne en chemise blanche!  Ce n'est certes pas mon premier choix, mais je vis très bien avec cet acte!

D'autres groupes considèrent que la FIV ne pose pas problème.  Que c'est le fait de recourir à un don (spermatozoïdes ou ovules) le problème. Pour eux, l'enfant à naître ne sera pas le résultat de l'union du couple.  Une tierce personne venant brouiller les cartes avec son patrimoine génétique...  Autant dire que la personne infertile, pour qui un donneur vient pallier à l'infertilité, est trompée consciemment!

Honte à vous, chers couples ayant recours à un donneur...  Vous vous trompez consciemment! Je suis persuadée que, tout comme moi, vous ne ressentez aucun remord!  Tant mieux!

J'ai trouvé peu d'informations sur la position de l'Église quant aux mères porteuses...  J'ai tout de même lu à plusieurs endroits que pour certains groupes religieux (plus à gauche?) être mère-porteuse était relativement bien vu.  Plusieurs donnent l'exemple de Marie.  D'autres expliquent qu'il s'agit d'un acte d'amour...  Ils précisent que la femmes étaient considérées comme un réceptacle à l'amour, avant l'avènement des microscopes, et, qu'en étant mère-porteuse, la femme ne fait que remplir son rôle (vision rétrograde, j'en conviens)...

Donc, pour la religion catholique, c'est la ligne pas d'enfants sans relations sexuelles et pas de relations sexuelles sans enfant (d'où leur refus pour les préservatifs...).  C'est plutôt clair.  Avoir un enfant, c'est un don de Dieu!  Et si vous être insatisfait, vous pouvez adopter ou vous investir dans votre communauté pour pallier à ce manque.

Vu comme ça, c'est rassurant! 

Et les autres religions?  Rapidement... (Vous pouvez en lire plus ICI)

Le protestantisme est la religion la plus ouverte.  Elle accepte les techniques et les dons de spermes-ovules.  Par contre, la pma est acceptée seulement dans les couples hétérosexuels.  La congélation, le diagnostic pré-implantatoire, la recherche sur l'embryon sont admis.  Même le don d'embryon est accepté!  Pour les protestants, les techniques découvertes sont un don de Dieu!

L'Islam autorise la pma sous la condition qu'elle est lieu au sein d'un couple marié.  Pour cette religion, la fiv est autorisé puisque l'embryon devient une "créature humaine" à compter du 120e jour de la grossesse.

Le Judaïsme a une vision très similaire à l'Islam.  L'embryon ne devenant un être humain qu'à la 40e journée de grossesse, la pma est accepté.

Toutefois, pour les deux dernières religions, puisqu'il n'existe pas une seule et unique interprétation des livres religieux, il n'est pas rare qu'un couple visite plusieurs représentant pour trouver "chaussure à son pied".

Qui est le plus fermé, finalement?  Qui est le plus radical?

Avec les années, plusieurs couples se questionneront sur leur positionnement face à la religion...  C'est notre cas.  Au début de essaies, vous m'auriez demandé si je comptais faire baptiser mes enfants et je vous aurais répondu, sans hésiter, oui! Pourquoi en aurait-il été autrement...  même si nous ne sommes pas très croyant!

Mais aujourd'hui...  J'ai un positionnement différent et chéri aussi...  C'est possiblement dû au fait qu'en 5 ans d'infertilité, on a eu le temps de réfléchir! L'Église catholique n'approuvant pas nos démarches, pourquoi ferions-nous baptiser nos enfants?  Si le curé questionne sur la durée des essaies, sur la facilité, etc...  que devons-nous répondre?  Est-ce qu'on doit taire notre parcours?  Je n'ai pas du tout envie de le renier!  Et si on lui avoue qu'on a fait 5 IAC + X FIV pour concevoir l'enfant, refusera-t-il de le baptiser?  Sûrement pas!  Il considérera que c'est nous qui avons péché, pas notre enfant...

Bref, nous ne savons pas si nous ferons baptiser.  Et si on fait baptiser, nous ne savons pas si nous irons à l'Église conventionnelle!  Nos enfants auront des parrains-marraines, mais peut-être pas déclaré sous le toit d'une l'Église catholique.

Vous pouvez en penser ce que vous voulez...  Mais pour nous, lire des trucs comme ce savoureux document (pdf à lire quand le moral n'est pas à la baisse), fait qu'on ne se sent pas les bienvenus dans l'Église telle qu'on la connait!

J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur si j'ai choqué vos valeurs et convictions personnelles...  Mon but n'est pas d'amener mes lecteurs à reconsidérer leurs convictions personnelles.  C'est un mandat beaucoup trop grand pour moi!

J'aimerais tout de même vous laisser sur une petite blague...  Et pour vous permettre de faire un choix religieux éclairé : Cliquez ICI (une autre petite blague)



dimanche 1 avril 2012

Fertilité 22 : Quand le moral est à la baisse...

Ça arrive des fois...

Pour commencer, il y a eu l'annonce de l'accouchement de ma belle-soeur et de mon beau-frère.  Vous me direz que je savais qu'elle allait accoucher, que ce n'était pas une surprise.  En effet!  Ce n'est pas ça qui rend le moral à la baisse...  Enfin, si, un peu...  Tous les accouchements ont cet effet sur moi.  Mais ça faut pas le dire...  C'est pas beau dire des choses comme ça... C'est pas gentil pour les nouveaux parents...  C'est un tabou, mais c'est une réaction normale.  De plus, il reste que quand on connait le parcours de ce couple, on ne peut qu'être heureux pour eux!

Mais revenons à nos moutons, c'est ce constat qui agit comme une gifle  :

Il y a 5 ans et des poussières, nous nous lancions dans les essaies bébé.  Nous avions qu'un seul neveu.
Et depuis...
Nous avons exactement 8 neveux et nièces...
Et aucun enfant à nous!

8 neveux et nièces...  Si c'est pas un baby-boom ça!

Pourquoi faire pareil quand on peut faire différent!
C'est ce qu'on se dit normalement...
Mais pour une fois, dans notre vie, on aimerait faire comme les autres!

Nous ne les connaissons pas tous.  Sept d'entres-eux demeurent en France et sur ces sept, nous en avons vu deux physiquement lors de notre dernier voyage.

Nous avons vu des photos de la plupart d'entres-eux. Nous avons même eu quelques échanges via "webcam" avec le plus vieux...  C'est ce qui a de bien avec l'internet. On peut suivre le développement de ces enfants.  On ne se sent pas si éloigné...  Mais on sait que, pour la majorité de ces enfants, nous sommes des figures floues...  Des figures sur une photo qu'on nomme "tonton" et "tata" (pas de commentaires plates ici, chers amis québécois!  Nous savons déjà à quoi vous pensez!)...  Deux figures qui, en réalité, on ne connait pas vraiment...  Sauf peut-être pour le plus vieux que nous avons vu alors qu'il était déjà un peu plus âgé, en âge de "comprendre".

C'est comme ça!  On y peut rien...  Sauf peut-être cesser tous les traitements et aller à chaque année en France (chacun ayant une influence sur l'autre!). Chose que nous ne sommes pas prêts à assumer!

Ce n'est pas uniquement ce constat (le nombre d'enfants dans la famille) qui me donne un certain vague à l'âme...  Il y a aussi un film!  On voulait rire un peu...  Alors on a décidé de regarder le film "Une folle envie".  Un très beau film que je vous recommande sans hésiter!

J'avais lu quelques critiques sur ce film.  Très peu de gens dans notre situation l'avait commenté.  Les commentaires venaient essentiellement de personnes connaissant une personne dans cette situation.  Les commentaires auguraient bien : "On reconnait bien les gens qu'on connait...".   D'autres commentaires me laissaient croire que les blagues du film étaient mal tournées : "Les blagues tombent souvent à plat...".  Malgré tout, j'avais hâte de visionner ce film!

Nous avons beaucoup ri...  au début.  Puis, comme tout parcours en fertilité, l'ambiance est devenu plus lourde...  Avec cette lourdeur est venu un moment où, tous les deux, nous nous sommes dit "Est-ce que nos vies sont SI pathétiques que ça?".  Avec quelques heures de recul, je dis "oui", sans hésiter!  Je vous rassure, quelques scènes ne s'appliquent pas du tout à nous...  Mais la majorité, oui!

Plusieurs fois pendant le film, j'ai pensé que, si j'étais au cinéma, le public "fertile" trouverait telle remarque de l'entourage ou telle situation drôle.  Nous, on ne riait pas, on ne riait plus!  D'où probablement le "Les blagues tombent souvent à plat..."!  Elles ne tombent pas à plat, on nous fait simplement voir comment le couple infertile se sent.  C'est drôle pour vous...  mais pas pour nous.  On sent un malaise.  À plusieurs reprises, j'ai eu les yeux remplis d'eau.  C'est donc que je me reconnaissais bien dans ce film...  un peu trop peut-être.

La triste réalité du couple infertile...
Où le plus important c'est d'être uni pour faire face...
Au parcours... Aux étrangers...  À l'entourage...  À nous-même... 

Je me suis donc endormie avec ce calcul en tête "5 années pathétiques...  8 neveux et nièces". J'ai mal dormi et je me suis réveillée en sursaut à cause de mon voisin qui déplaçait (pour faire changement) son bac à recyclage!  Parenthèse : j'aimerais bien savoir pourquoi il le déplace si souvent et aussi lentement!

La journée a passée...  La mélancolie s'est tranquillement dissipée.  Faut dire que d'abîmer la voiture en essayant de passer dans un endroit trop étroit m'a un peu changé les idées (un virage dans un stationnement où un VUS était mal stationné, où l'espace alloué pour passer était déjà restreint et où il n'y avait pas de possibilité de retour en arrière!).

Le moral est encore un peu à la baisse..  Rien de dramatique...   Simplement une vague mélancolie, à peine perceptible, qui passera...  Elle finit toujours par passer!

Je me sens un peu comme un bateau dans la brume...  Je sais qu'un jour, ce brouillard se dissipera...
Mais je ne sais pas à quoi ressemblera le paysage...
Ça fait trop longtemps que nous naviguons dans ce brouillard!